Esprit critique, Psycho

Différences homme-femme et féminisme : apaisons les tensions

Les hommes et les femmes ont les mêmes gènes, excepté au niveau des chromosomes sexuels.

Préambule : sur les intentions derrière la rédaction de cet article

À titre personnel, l’auteur-e soutient la cause féministe, et plus largement la lutte contre les discriminations et les stéréotypes. Devant la montée de mouvements anti-féministes, le succès de la cause féministe réside en partie dans la force de son argumentaire. Ce qui suit est donc un ensemble de remarques visant à contribuer à une discussion constructive autour de la relation entre le discours féministe et certaines considérations scientifiques.

De nos jours, le féminisme est affecté par un paradoxe qu’on retrouve en France mais aussi dans d’autres pays : beaucoup de gens n’osent pas se qualifier de féministes, alors qu’une majorité écrasante adhère aux revendications phares du féminisme. Si on se fie aux sondages, seulement un Français sur deux se définit comme féministe tandis que, par exemple, presque tout le monde (97%) est pour l’égalité de salaire à travail égal. Comment expliquer ce décalage ? Une partie des gens doit considérer que le féminisme n’a plus de raison d’être car l’égalité serait déjà atteinte, d’autres ne se retrouvent peut-être pas dans l’aspect militant. En parallèle, 70% des sondés estiment que le féminisme est agressif et positionné contre les hommes. Le résultat est assez inquiétant : 50% considèrent que le féminisme nuit à l’image des femmes. Par ailleurs, une personne sur deux pense que « les féministes nient les différences entre les hommes et les femmes ». Cette question qui déchaîne les passions est le sujet de cet article, qui tentera d’apporter un recadrage permettant d’envisager sereinement la problématique.

Avant d’aller plus loin, il nous faut apporter des précisions concernant l’utilisation des termes « homme » et « femme ». Pour ceux que cela interroge, cliquez ici.

Cet article s’intéresse au rôle de la biologie dans les différences entre les sexes, il est donc nécessaire de faire une catégorisation sur la base des chromosomes sexuels, indépendamment de l’identité sexuelle ou le  genre, autrement on passerait à côté de la question. On emploiera donc à dessein les termes « femme » et « homme » pour faire référence aux individus possédant respectivement les chromosomes XX et XY (plus précisément ceux qui possèdent un gène SRY fonctionnel et des tissus sensibles aux androgènes), en gardant à l’esprit que cette classification a ses limites et ne fonctionne pas pour tous les individus. Enfin, précisons que les combinaisons XX et XY couvrent presque toute la population, mais pas complètement : une petite fraction possède des chromosomes sexuels atypiques (X, XXY etc).

Un malaise compréhensible…

En fait, personne ne nie que les femmes et les hommes diffèrent dans leur comportement, leurs goûts, leurs centres d’intérêts etc. La question qui divise est de savoir si des facteurs biologiques jouent un rôle dans ces différences, autrement dit, si elles comprennent une part d’inné ou si tout est acquis (en réalité, les choses sont plus complexes que ce que l’usage courant des mots « inné » et « acquis » laisse entendre). Car il n’est pas question de remettre en cause l’influence de l’éducation et la socialisation qui sont notamment susceptibles de favoriser l’émergence de stéréotypes omniprésents jouant un rôle dès l’enfance, ce qui est entre autres bien illustré dans les rayons jouets de supermarché. Les facteurs culturels sont notamment mis en évidence par les études de genre, mais le fait que ces facteurs existent n’est pas une preuve qu’ils sont les seuls à jouer un rôle.

Crédit : anotherwhiskyformisterbukowski.com

La suspicion envers tout propos suggérant des différences « innées » entre les hommes et les femmes paraît compréhensible au premier abord. Il est en effet indéniable que de multiples préjugés et idées reçues ont longtemps été utilisés (et continuent d’être utilisés) pour justifier un traitement particulièrement injuste envers les femmes et assigner des rôles prédéfinis en fonction du sexe, ce qui est dommageable pour les deux sexes. Devant cette situation inacceptable, il est tentant de rejeter la possibilité que la biologie puisse jouer un quelconque rôle et préférer penser que tout est culturel, imposé par la société, l’éducation parentale et la socialisation. Cette idée a notamment été défendue dans de nombreux travaux universitaires féministes depuis les années 70. Selon les mots de la philosophe féministe Sandra Bartky décédée en octobre 2016 : « des nourrissons sans sexe défini sont transformés en personnalités de genre mâle et femelle ». Chez les francophones, Catherine Vidal fait figure de porte-parole scientifique de cette position, pour elle « la dérive vers l’utilisation abusive de la biologie pour expliquer les différences entre les groupes sociaux, y compris entre les sexes, reste une vraie menace. […] il s’agit du déterminisme biologique, théorie qui justifie les inégalités sociales par des diktats biologiques et relègue au second plan les facteurs socio-culturels et politiques. » Un tel raisonnement peut être tentant, mais pèche gravement du point de vue logique, tout en rendant la position féministe inutilement vulnérable.

… mais un malaise qui n’a pas lieu d’être

Pour commencer, la réalité physique n’a rien à faire de nos préoccupations et ne se plie pas à notre volonté, aussi nobles que soient nos aspirations. Elle se contente d’être, indépendamment de ce qu’on trouverait souhaitable ou non. Le travail du scientifique est d’étudier la réalité physique puis d’accepter les résultats, quels qu’ils soient. Il ne nous est pas permis de trancher sur une question purement scientifique en fonction de ce qui nous plairait ou encore de piocher les résultats qui nous arrangent. Il est justement intéressant et révélateur de noter que par exemple, le rôle de facteurs biologiques dans la détermination de l’orientation sexuelle est plutôt bien accueilli, alors qu’on observe beaucoup de réticence pour ce qui est des différences homme-femme. On peut imaginer que la volonté de « justifier » nos convictions n’est pas étrangère à ces postures contradictoires. Ceci dit finalement, la réponse à la question nature-culture ne devrait inquiéter ni la position féministe, ni la lutte contre les discriminations au sens large. Car il n’y a nulle nécessité de croire que les femmes et les hommes sont psychologiquement identiques à la naissance pour pouvoir affirmer qu’ils doivent être traités de la même manière. En effet, si les études scientifiques venaient à mettre en évidence des différences innées, faudrait-il remettre en cause l’égalité et cesser d’être féministe ? De même, si l’homosexualité s’était avérée uniquement être un choix, cela aurait-il pour autant justifié l’homophobie ? Pour sortir de ce piège, il faut se rappeler que le principe d’égalité, en particulier quel que soit le sexe, est issu d’une réflexion éthique qui n’est pas conditionnée par une quelconque réalité scientifique : les hommes et les femmes sont égaux non pas parce qu’ils naissent psychologiquement identiques, mais tout simplement parce qu’on considère que tous les humains naissent égaux. Cette égalité n’est pas un constat scientifique mais une valeur morale, qui sont deux choses à ne pas mélanger. Si on tient réellement à cette valeur, aucune observation sortant d’un laboratoire ne pourra justifier une quelconque discrimination. Il n’est donc pas interdit d’être féministe et d’accepter que les hommes et les femmes puissent être différents, en moyenne. Car si différences il y a, ce sera forcément à travers des écarts statistiques, comme c’est le cas pour la taille : les hommes sont en moyenne plus grands que les femmes, mais tous les hommes ne sont pas plus grands que toutes les femmes. Quelles que soient les différences observées, il restera donc absurde de faire des catégorisations simplistes.

Pour tout ce qui varie en fonction des individus, comme la taille, la distribution s’étale autour d’une moyenne globalement de cette manière. Beaucoup de gens sont autour de la moyenne, et plus on s’éloigne de la moyenne, moins il y a de gens. Quand on compare les hommes et les femmes, on a toutes les chances de retrouver ce genre de courbes. Les moyennes sont différentes – et parfois, « l’étalement » aussi – mais proches (pour la taille, on aurait les femmes en vert et les homme en orange). On ne pourra donc pas dire que les homme sont « comme ceci » et les femmes « comme cela ».

Que dit la science ?

Venons-en donc enfin à la question centrale : y a-t-il des facteurs biologiques derrière les différences entre les femmes et les hommes ? Cette question est liée à des recherches pluridisciplinaires qui fournissent une multitude d’éléments de preuves concordants indiquant que la réponse est oui, même si ces différences ne sont pas énormes. Le but de ce court article n’est pas d’en faire une liste exhaustive mais juste de présenter quelques différences notables, en illustrant au passage que tout n’est pas « à l’avantage » des hommes. Commençons donc avec quelques constats. Tout le monde peut voir que les hommes sont nettement plus susceptibles d’adopter des comportements risqués et violents (ils sont par exemple surreprésentés parmi les auteurs d’homicide). En ce qui concerne les aptitudes, notons d’emblée que d’après les meilleures estimations psychométriques, hommes et femmes ne diffèrent pas en intelligence générale. Par contre, il existe des tests spécifiques où l’on observe un écart : les hommes ont de meilleurs scores en rotation mentale d’objets 3D, tandis que les femmes possèdent une meilleure capacité de mémorisation spatiale et une meilleure fluence verbale. Au niveau des sens, les femmes semblent disposer d’une meilleure perception des couleurs et de certaines odeurs. La raison pour laquelle on pourrait voir dans ces différences une hiérarchisation entre les sexes restera mystérieuse… Par contre, on peut légitimement se poser la question suivante : comment sait-on que ces différences sont au moins partiellement d’origine biologique et pas entièrement dues à la socialisation ? Voici quelques éléments de preuve concordants qui permettent de penser que la biologie a un rôle à jouer :

  • Les différences ne sont pas propres à la culture occidentale et s’observent partout dans le monde, quel que soit le degré de discrimination ou d’égalité, ce qui ne serait pas évident si la culture en était l’unique responsable. C’est notamment le cas pour les différences de personnalité (qui semblent être plus élevées dans les pays les plus égalitaires) et les performances sensorielles.
  • Certains écarts semblent déjà présents chez les très jeunes enfants, voire les nourrissons, bien avant toute socialisation et avant une plausible influence de l’interaction parentale différenciée en fonction du sexe. Apparemment dès la naissance, les petites filles fixent davantage leur regard sur les visages, et dès quelques mois, l’écart concernant la rotation mentale d’objets 3D en faveur des petits garçons serait visible.
  • Une expérience très intéressante a suivi 14 enfants aux chromosomes XY nés sans pénis, castrés puis élevés comme des filles. Tous ces enfants présentaient des attitudes et intérêts traditionnellement associés au sexe masculin. 8 d’entre eux ont d’ailleurs déclaré spontanément être des garçons, et ce dès l’enfance ou l’adolescence (ce qui démontre au passage que sexe et genre ne sont pas des notions totalement indépendantes comme certains pourraient le penser).
  • Des différences similaires ont été documentées chez des animaux autres que l’humain, chez les primates et plus largement à travers la classe des mammifères. Évidemment on ne sous-entend pas que les animaux ne disposent pas de culture (c’est faux). Toujours est-il que les comportements violents sont davantage retrouvés chez les individus mâles pour la plupart des mammifères, notamment autour de la compétition pour des partenaires sexuels. En parallèle, des études controversées suggèrent que les primates non-humains joueraient plus souvent avec des jouets traditionnellement associés aux enfants humains de leur sexe. Les jeunes chimpanzés femelles à l’état sauvage joueraient davantage avec des pierres ou bâtons « poupées » comme avec un bébé (vidéo). Certaines de ces études sont critiquables (et leur traitement médiatique l’est encore plus) mais dans le cas où elles seraient au moins partiellement valides, elles montrent des écarts moins marqués que chez l’humain, ce qui indiquerait effectivement que la culture peut largement accentuer les différences innées.
  • Le fait que des différences biologiques homme-femme existent s’inscrit très bien dans le cadre de nos connaissances de l’histoire évolutive de nos ancêtres et de la biologie. Il n’est pas particulièrement surprenant que le fait qu’un seul sexe soit responsable de la gestation ait pu engendrer de légères différences physiques, mais aussi psychologiques au cours de l’évolution des mammifères. La différenciation sexuelle a lieu dès l’environnement fœtal, par l’imprégnation des tissus en testostérone, y compris le cerveau. Au cours de la vie, l’influence des hormones sur le comportement est établie, que ce soit lors de variations naturelles ou artificielles. Le rôle de la testostérone dans le comportement est complexe, mais est bien établi en ce qui concerne la prise de risque. Des études préliminaires, à répliquer, indiquent que les petites filles sécrétant des taux anormalement élevés de testostérone préféreraient jouer avec les garçons et avec les mêmes jouets que les garçons (mais ne joueraient pas plus à la bagarre). Enfin, certaines performances cognitives des femmes varient au cours du cycle menstruel.

Une confrontation inutile

À la lumière des faits, il apparaît clair que la réponse au vieux débat nature-culture ne peut pas être « 100% culture ». En fait, une bonne partie des féministes doit tout simplement ignorer que la science semble avoir tranché – si ce n’est dans les détails, au moins sur le principe – ou penser qu’elle aurait tranché en faveur du « 100% culture », notamment à travers les études de genre. D’autres doivent ne pas s’en soucier (à juste titre). Pour les féministes ayant eu vent des résultats présentés ci-dessus, mais pour qui l’existence de différences biologiques est impensable, le déni est la seule échappatoire. Cela signifie en pratique s’approcher dangereusement d’une pensée profondément relativiste, voire conspirationniste, en rejetant toutes les preuves mentionnées ci-dessus, car elles seraient produites par la « science masculine » (les nombreuses femmes contribuant à ces recherches travaillant consciemment ou non contre elles-mêmes) qui ferait partie intégrante du système patriarcal destiné à assurer la domination des hommes. Sans prendre partie entre les différentes branches du féminisme, le côté abstrait d’un tel discours est cohérent avec le fait que beaucoup considèrent que les féministes ne sont pas assez en prise avec la réalité (63%). Il est vrai que, influencés par des écoles de pensée sophistiquées – y compris psychanalytiques (ce qui n’est pas forcément bon signe) – certains courants féministes ont produit des théories relativement complexes. Au-delà de la seule problématique féministe et en particulier sur les réseaux sociaux, des communautés se renvoyant leur propre écho produisent des argumentaires extrêmes appuyés sur un vocabulaire qui leur est propre. Le moindre « faux pas » est alors susceptible d’exposer le non-initié à un retour de bâton punitif de la part des individus les plus zélés.

Pour un argumentaire féministe plus fort

Devant l’importance cruciale de la cause féministe, il est regrettable de constater que parfois, la lutte s’appuie inutilement sur la croyance dans le « 100% culture ». En imaginant que c’est un prérequis pour faire disparaître la discrimination, on admet implicitement qu’une différence biologique pourrait justifier la discrimination. Paradoxalement, on suit donc exactement le même raisonnement que les adversaires idéologiques du féminisme. Il est pourtant clair que ce n’est pas en niant les différences inter-groupes qu’on lutte efficacement contre les discriminations, mais en reconnaissant que la discrimination sur la base d’une appartenance à un groupe n’est jamais justifiée, que des différences statistiques existent ou non. Tant que certains courants influents du féminisme, notamment dans le monde académique, ne comprendront pas qu’ils n’ont rien à perdre et tout à gagner à reconnaître la biologie des différences homme-femme, ils resteront inutilement exposés à une critique imparable. Cette posture adoptée par certain-e-s féministes est donc contre-productive, elle affaiblit le féminisme dans le débat d’idées tout en contribuant à la propagation d’idées fausses. Enfin, aux yeux des citoyens, elle renforce l’image d’un féminisme déconnecté de la réalité.

Un bon résumé de cette discussion peut être trouvé ci-dessous en vidéo dans le TEDx de Franck Ramus en 2014. Il a également contribué au numéro 309 du magazine Sciences et Pseudo-Sciences intitulé Les hommes sont-ils des femmes commes les autres ? Pour aller plus loin, l’ouvrage The Blank Slate de Steven Pinker – qui a peut-être été le premier à expliciter l’argumentaire présenté dans cet article – est un excellent moyen d’explorer les tenants et aboutissants des sciences de la « nature humaine ».

16 Comments

  1. Le Spectre

    Le débat actuel sur les questions de différenciation entre les sexes et les races est enfermé dans le vieux débat antique nature vs culture. Or, la dialectique de Darwin met en avant qu’il n’y a pas d’opposition entre l’inné et l’acquis. Et pour citer Richard Lewontin :

    « Il n’y a pas de « part » respective des gènes et de l’environnement, pas plus qu’il n’y a de « part » de la longueur et de la largeur dans la surface d’un rectangle, pour reprendre une métaphore classique. L’exposition à l’environnement commence d’ailleurs dans le ventre maternel, et inclut des événements biologiques comme la qualité de l’alimentation ou l’exposition aux virus. Génétique et milieu ne sont pas en compétition, mais en constante interaction : on dit qu’ils sont covariants. Le comportement d’un individu serait donc à la fois 100 % génétique et 100 % environnemental. ».

    Nous sommes bien nés homme ou femme à l’exception des hermaphrodites. Cependant, l’éducation joue aussi un rôle mais après un stade neutre. Après chacun se plaît dans le rôle de son propre sexe non parce qu’ils ont été éduqué ainsi mais parce cela est un fait psychologique.

    Dans le débat nature vs culture, on oublie souvent la psychologie. Or, pour Henri Wallon, l’individu est à la fois biologique, psychologique et sociologique. Les trois termes s’interpénètrent et interagissent entre eux à divers degrés.

    Or, Germaine Wallon a déterminé une différence psychologique entre les filles et les garçons :

    « Au reste, que nos interprétations soient acceptées ou non, les différences sur lesquelles elles reposent résultent bien de nos analyss et ce sont ces différences suivant l’âge, suivant le sexe et suivant les notions auxquelles l’enfant est invité à réagir que nous nous étions proposé de mettre en évidence.

    Car mieux différencier c’est mieux connaître. »

    => Wallon, G. (2015). Les notions morales chez l’enfant (p. 285). réalisé par Emile Jalley et Philippe Wallon, Oeuvres d’Henri Wallon (Tome VII). L’Harmattan. (texte de 1949)

    Ainsi, pour résumer :

    Les différences de sexe rentrent dans le cadre de la biologie couplé à la psychologie complexe mais dont l’environnement conduit à une disparité de personnalités et de genres.

    Les différences de genres ou d’identité rentrent dans le cadre de la psychologie complexe en couple avec l’environnement de l’enfant et même de l’adulte et non avec la génétique. J’ai connu un grand gaillard de 15 ans en classe ULIS qui a été élevé en fille par sa mère instable jusqu’à tardivement avant le collège. Il avait des intérêts de fille (magasine, jeu) et des manières de fille dans les gestes et la voix. Il était souvent parti dans son petit monde intérieur en classe.

    Les différences de race rentrent plutôt dans le cadre de l’environnement en couple avec la génétique. L’épigénie couplé à l’environnement naturel génère une différence génétique inter-raciale (ex : mongole de Mongolie et mongole de l’Himalaya) : ce qui fait qu’une race pure n’existe pas puisqu’il y a plus de variation génétique entre un alsacien et un breton qu’entre un breton et un algérien. Et, le plus extra-ordinaire pour moi est que l’épigénie couplé à la culture génère une individuation extrême chez l’humain. Nous n’avons pas tous la même tête contrairement aux autres espèces, même au seins d’un groupe racial.

    L’humanité est à la fois une et multiple.

    De ce fait, les processus bio-psycho-sociologiques deviennent bien plus complexes que le modèle nature contre culture ou culture contre nature.

    Or pour appréhender ces disparités, la méthode scientifique pragmatique de Ramus ne suffit pas ou tombe dans la norme définie par la société. A contrario, les méthodes naturalistes mettant en œuvre et à jour une dialectique donnant ainsi le cadre théorique à la mesure sont très puissantes dans l’appréhension des phénomènes bio-psycho-sociologique.

    Or, faudrait-il encore appréhender la dialectique ? Mais, ce n’est pas gagné vu la haine envers elle dans les milieux scientifiques où la mesure prime sur la contemplation (étymologie de théorie / regard sur le réel). C’est pourtant cette dernière qui donne le cadre théorique afin que la mesure puisse être évaluée ou jugée logiquement. C’est a posteriori que la mesure est effective. Elle permet ainsi de représenter par modélisation de façon simplexe le concret réel complexe.

    Mais, d’une manière générale, la mesure est prise de manière a priori afin d’assurer les aprioris soit les sélections et les hiérarchies. C’est ainsi que Ramus et les scientifiques de la démarche evidence-based ont naturellement des difficultés à convaincre.

    La seule solution est d’apporter le cadre théorique donné par les dialecticiens notamment par Germaine et Henri Wallon en psychologie, par Richard Lewontin et Stephen Jay Gould en biologie, par Karl Marx et Alexandre Zinoviev en sociologie. Et de là, les hiérarchies et les sélections issues des aprioris et de la persistance de l’Être dans la Mesure (Platon, Locke, Spencer) s’aboliront.

    S.L.

  2. Les amis, moi je suis ouverte à toute information scientifique, alors cet article ne s’adressait pas à moi apparemment mais à une certaine catégorie de personnes féministes. Malgré tout je pense que tous les féministes non scientifques voudraient bien un article qui nous aide tous les jours à penser objectivement nos relations. Où vous pourriez nous dire « voilà ce qui a été prouvé scientifiquement, et voilà ce qu’on pense qui est faux ». Pour que je puisse parler pacifiquement à un homme sexiste de la masse musculaire/de l’endurance (etc) moyenne des femmes lorsqu’il me dit « faible femme » (plutot que d’avoir envie de lui prouver sur son nez que je ne suis pas faible). Parce que j’ai beau chercher des articles intéressants, je ne suis jamais sûre des sources. Petite idée comme ca 😉

  3. Kristen D.

    Stoppons la désinformation, s’il vous plaît : non, la réponse scientifique définitive à ces questions n’est absolument *pas* apportée par les études connues à ce stade d’avancement de nos connaissances.

    Le titre du paragraphe « Une confrontation inutile » me paraît bien résumer l’intégralité de ce billet, hélas. Ledit paragraphe commence d’ailleurs par une énormité, en affirmant sans complexe que « à la lumière des faits, il apparaît clair que la réponse au vieux débat nature-culture ne peut pas être « 100% culture ». ». Non seulement on n’en sait rien à ce stade d’avancement des connaissances scientifiques (on sait juste aujourd’hui de façon *certaine* que ce n’est pas 0% culture, et loin de là…), mais en plus toute la section qui précède, intitulée « Que dit la science ? » – et qui représente le cœur-même du billet – ne démontre absolument pas cela ! Quelques ressources pour étayer ceci : cf. liens que je rajouterai dans un second commentaire.

    Tout le reste de la section « Une confrontation inutile » pourrait d’ailleurs ironiquement être retourné contre l’auteur-e du billet, tant semblent ignorées ou niées les critiques des études référencées à l’appui de ses conclusions erronées (exemple : les inepties de Baron-Cohen…). Biais cognitifs, vous disiez ?! N.B. Les journalistes qui relaient ces études (souvent sans formation scientifique d’ailleurs – ce serait pas mal d’exiger une double formation pour traiter de tels sujets), et même les scientifiques eux/elles-mêmes, n’existant pas hors culture, sont également sujets aux mêmes biais que le reste de la population. (Et les scientifiques s’imaginent souvent à tort avoir reçu une sorte d’immunisation du fait de leur formation à la méthode scientifique, etc. …)

    Je termine en répétant (on ne le répétera jamais assez apparemment) qu’il ne s’agit pas du tout d’affirmer une quelconque « croyance dans le 100% culture » (pour reprendre les termes du billet), qui ne saurait en effet être « un pré-requis (sic) pour faire disparaître la discrimination ». Il s’agit d’avoir une plus grande exigence intellectuelle, de dire stop à l’intox qu’on ne cesse de nous servir au sujet de pseudo-preuves de différences biologiques significatives, innées et immuables ! Si/quand on obtiendra(it) de telles preuves, OK. Mais là, ce n’est juste pas le cas, sorry! Que des différences physiques aient une conséquence psychologique significative sur les comportements en fonction du sexe n’est tout simplement pas établi à ce jour, et loin s’en faut… Davantage de rigueur ne serait vraiment pas du luxe !

    • Kristen D.

      ——-

      Comme annoncé, quelques ressources, afin d’étayer mon propos ci-dessus (5 liens) :

      ***** Parmi les travaux d’Odile Fillod :
      a) http://allodoxia.blog.lemonde.fr/2013/10/04/sexes-mensonges-et-video-baron-cohen/
      b) http://allodoxia.blog.lemonde.fr/2013/05/24/boris-cyrulnik-stop-ou-encore-partie1/
      c) http://allodoxia.blog.lemonde.fr/2012/05/30/debat-inne-acquis/
      (Cf. aussi d’ailleurs les discussions entre Frank Ramus et Odile Fillod, dans les parties dédiées aux commentaires en bas de billets…)

      ***** Parmi les travaux de Rebecca Jordan-Young :
      d) http://www.editions-belin.com/ewb_pages/f/fiche-article-hormones-sexe-et-cerveau-27000.php
      (« […] analyse critique de la théorie selon laquelle les femmes et les hommes, les hétérosexuel(le)s et les homosexuel(le)s, auraient des prédispositions psychologiques différentes en raison de l’influence (ou pas) de certaines hormones sur leur cerveau pendant la vie fœtale. »)
      e) http://www.revue-emulations.net/archives/15-la-construction-scientifique-des-sexes/entretien-avec-rebecca-jordan-young (excellent entretien, notamment au sujet des idées reçues sur les hormones, ou le fait que même des différences physiques observables qui semblent être des différences dues au *sexe* peuvent au contraire être profondément liées au *genre*, … entre autres…)

      • E.T.

        Merci de votre réaction, qu’on aurait préférée un peu moins agressive. Et merci pour les prérequis. Il y aurait 1000 choses à dire, mais on va essayer de garder un peu de concision.

        « Non seulement on n’en sait rien à ce stade d’avancement des connaissances scientifiques (on sait juste aujourd’hui de façon *certaine* que ce n’est pas 0% culture, et loin de là…), mais en plus toute la section qui précède, intitulée « Que dit la science ? » – et qui représente le cœur-même du billet – ne démontre absolument pas cela ! »

        >> Vous ne faites qu’affirmer qu’on ne sait rien, ce qui est votre jugement personnel. Évidemment, il y a des tas de choses qu’on ignore encore ou qui ne sont pas encore claires, mais on en sait assez pour conclure que l’hypothèse 100% culture est manifestement erronée. Il suffit en effet d’identifier une seule différence ayant des déterminants biologiques pour invalider cette hypothèse. Or, c’est clairement le cas par exemple pour la violence, où les éléments de preuve sont convergents (animaux, évopsy, rôle des hormones, cross culture, jeunes enfants…). Merci par avance de ne pas vous insurger sur la base que cela reviendrait à dire « les pauvres mâles c’est pas de leur faute c’est dans leurs gènes ». Évidemment, ces conclusions sont critiquées, mais par qui ? Pas particulièrement par les spécialistes des domaines en question, mais majoritairement dans le monde des feminist studies et des sciences humaines en général. Je suis en train de parcourir vos liens, et je n’ai pas encore tout lu. Peut-être ai-je manqué quelque chose, mais n’auriez vous pas des publications scientifiques dans des revues à comité de lecture de domaines hors des sciences humaines pour pouvoir contester des résultats sur le rôle de la biologie dans les différences homme-femme ? Pour prendre un exemple extrême, les créationnistes ont bien créé des journaux pour y déverser toute leur rancœur envers la théorie de l’évolution. Être assis à côté et critiquer les conclusions qui ne plaisent pas, c’est assez facile. Mais s’il s’avère que vous avez raison, vous avez tout intérêt à aller sonder la réalité physique vous-mêmes, elle confirmera alors vos intuitions et fera taire vos interlocuteurs. Or, ce n’est pas ce qu’on constate depuis 40 ans. Il est intéressant de se demander pourquoi depuis ce temps, les éléments de preuve ont globalement continué à s’accumuler dans un sens, et les critiques ont majoritairement été le fait de commentateurs extérieurs aux communautés scientifiques concernées. Néanmoins, ces derniers ont réussi à imposer des tabous sur la question de la biologie dans les différences homme-femme dans le monde académique, ce qui est assez grave (cf. démission du directeur d’Harvard en 2006 pour avoir fait une hypothèse scientifique, qui pouvait être vraie ou fausse, mais qui était manifestement trop scandaleuse pour être vraie).

        « Si/quand on obtiendra(it) de telles preuves, OK. Mais là, ce n’est juste pas le cas, sorry! Que des différences physiques aient une conséquence psychologique significative sur les comportements en fonction du sexe n’est tout simplement pas établi à ce jour, et loin s’en faut… »

        >> Il n’y a pas à chercher plus loin que les effets sur l’humeur des traitements hormonaux que prennent les individus trans pour voir que la physique, par exemple au travers de l’action des hormones, influence la « psychologie ». Si cela ne constitue pas une preuve, je vous pose la question : qu’est-ce que vous accepteriez comme preuve que des « différences physiques » ont une « conséquence psychologique » ?

      • E.T.

        Rappelons à toutes fins utiles que le cerveau est ce qui produit notre expérience subjective, et qu’il s’agit d’une système physique, répondant à des stimuli physiques.

  4. lemiere jacques

    bah si des gens veulent être machistes, féministes, misandres qu’est ce que ça peut bien vous faire? Pourquoi aussi vouloir apaiser les tensions.?

    Un machiste de conviction peut parfaitement penser que les femmes sont je ne sais quoi MAIS considérer que travail égal salaire égal…Il est simplement persuadé que les femmes ne sont pas capables de faire ceci ou cela comme les hommes…Mais , désolé pour la faiblesse de la définition des termes que j’emploie, un machiste de circonstance peut penser que les femmes sont également apte mais exiger la discrimination car il en profite en tant qu’homme..Je ne me sens le droit de rien reprocher au premier et tout au second.

    En clair, ce que les gens pensent ça les regarde.le féminisme et le machisme en tant que conviction m’indiffère, .je peux ne pas être d’accord..mais je m’en fiche, si par contre les gens font des choses iniques non…
    Mais par exemple si un patron de nos jours, (j’aurais tenu un discours différent quand la pensée dominate,les moeurs et autre étaient machistes et surtout iniques ) , paye un femme moins cher qu’un homme uniquement en raison de son sexe, je m’en fiche..car je pense qu’il risque de perdre un salarié talentueux bafoué et met la survie de son entreprise en péril grosso modo le salaire est une affaire entre le patron et le salarié. un salaire est en raison de cela toujours juste si il est librement consenti.

    salaire égal, travail égal? Non…pas par principe.
    salaire …accord patron salarié.
    salaire égal forcé pour un travail égal…pas vraiment d’accord désolé.

    • lemiere jacques

      imaginez que vous puissiez déterminer que deux employés font le m^me travail ALORS il faudrait les payer de la même façon m^me si elles sont dans des entreprises différentes!!!

      Le salaire est la résultante de l’accord entre le salarié et l’employeur…

      Les hommes et les femmes sont évidemment différents!!!

      je ne comprends pas pourquoi il faille argumenter, l’égalité en droit des hommes et des femmes est un choix de société moral largement partagé même par des machistes…

      Il est absurde de lutter contre les discriminations sans préciser le sens du mots discrimination…dans le sens que je lui donne; la majeure partie de mes choix de vie procède de d’un acte de discrimination…
      je n’ai aucun problème à ce qu’un patron discrimine un homme et une femme! pas parce que je l’approuve moralement, mais parce que c’est le patron qui paye les conséquence de mauvais choix!!!
      Je discrimine tout le temps! quand je dis bonjour madame , ou bonjour monsieur, quand je dis il est gros ou il est maigre…

      mes interventions sont à l’arrache certes mais l’article est mauvais…je ne sais pas trop le point qu’il veut montrer…

      Les femmes sont différents des hommes ..sur le plan sexuel..voui..
      Le sexe conduit à des différence subtiles qui font que les distributions de caractéristiques sont différences …sans blague?
      Certaines différences entre homme et femmes ne sont pas liée au sexe mais à la culture…non? c’est vrai?

      En gros c’est chercher à répondre à des conneries par du pédantisme..
      t’as vu les femmes ont moins d’accidents graves que les femmes… attends je vais t’expliquer que les femmes ont EN MOYENNE une perception spatiale moins bonne que les hommes ( et c’est en partie innée, y a des experiences sur les bébés) mais bon elles sont plus prudentes…inné ou acquis…mais…au fait qu’est ce que ça peut foutre à part pour un assureur ( à qui ont a interdit de tenir compte de cela… Je me le demande…

      Je comprends qu’on se pose ce genre de questions…certes ..mais comparé aux articles du site..

      • lemiere jacques

        pas ma faute les hommes sont moins doués pour l’orthographe…

  5. Super article, il y a de très bons arguments pour montrer que le féminisme est bien compatible avec une part de déterminisme biologique, et sans doute même plus fort et cohérent.

    J’ai un peu tiqué sur certains passages…

    > « Le travail du scientifique est d’étudier la réalité physique puis d’accepter les résultats, quels qu’ils soient. Il ne nous est pas permis de trancher sur une question purement scientifique en fonction de ce qui nous plairait ou encore de piocher les résultats qui nous arrangent. »

    Bien sûr, en tout cas idéalement, mais le scientifique oriente des questions de recherche dans une direction (qui peut elle même dépendre de questions « politiques » au sens large), il mène des expériences et interprète leurs résultats en utilisant les concepts théoriques et les méthodes de sa discipline, qui proposent une certaine lecture du monde (on ne renverse pas un paradigme fructueux du jour au lendemain, et sûrement pas à l’issue d’une seule expérience)… Je ne remet pas en cause la robustesse des résultats qu’on peut obtenir au sein d’un paradigme fécond, ni l’idée d’accumulation de connaissances empiriques, mais c’est juste pour dire que c’est un peu plus compliqué en pratique, et que les thèses relativistes, pour radicales et critiquables qu’elles soient, ne sont pas de pures fantaisies sans fondements philosophiques. La science, ce n’est pas juste « ce qu’on observe dans la nature ».

    D’autre part, concernant la fin de l’article sur le « déni », la transdisciplinarité est loin d’être la règle dans le monde universitaire, et on peut trouver une certaine tendance des chercheurs à « tout ramener à leur discipline » et à méconnaître les concepts employés dans les autres disciplines. C’est le cas en l’occurrence des sociologues quand ils méconnaissent les résultats de la biologie, voire nourrissent un ressentiment envers « l’hégémonie des sciences dures ». Mais c’est aussi le cas des biologistes quand ils entendent, par exemple, s’approprier la notion de « race » qui est éminemment sociale. Les races biologiques n’existent pas, mais les races existent malheureusement en tant que constructions sociales et jouent un rôle objectif dans nos sociétés qui mérite d’être étudié. Il peut y avoir une tentation en biologie de vouloir « tout expliquer », y compris ce qui relève du psychologique ou du social. Il y a pire exemple énormément d’explications évolutionnistes produites qui sont très peu étayées et où l’interprétation prend largement le dessus sur « les faits ». C’est ce genre d’attitude « hégémonique » qui peut nourrir le ressentiment. Pas seulement le pur déni.

    A vrai dire j’aurais bien envie de vous retourner votre argumentaire : il est certain qu’il y a une part humaine dans le fonctionnement de la science, et que la réalité ne détermine pas à elle seule son contenu, ça ne veut pas dire que le produit de la science est 100% déterminé par des facteurs humains… Et accepter cette part humaine n’a rien d’incompatible avec l’idée que les sciences visent l’objectivité.

    Mais ces nuances ne concerne en rien la plupart des arguments de l’article, auxquels je souscris.

    • E.T.

      Super article, il y a de très bons arguments pour montrer que le féminisme est bien compatible avec une part de déterminisme biologique, et sans doute même plus fort et cohérent.

      >> Merci de votre réaction !

      Bien sûr, en tout cas idéalement, mais le scientifique oriente des questions de recherche dans une direction (qui peut elle même dépendre de questions « politiques » au sens large), il mène des expériences et interprète leurs résultats en utilisant les concepts théoriques et les méthodes de sa discipline, qui proposent une certaine lecture du monde (on ne renverse pas un paradigme fructueux du jour au lendemain, et sûrement pas à l’issue d’une seule expérience)… Je ne remet pas en cause la robustesse des résultats qu’on peut obtenir au sein d’un paradigme fécond, ni l’idée d’accumulation de connaissances empiriques, mais c’est juste pour dire que c’est un peu plus compliqué en pratique, et que les thèses relativistes, pour radicales et critiquables qu’elles soient, ne sont pas de pures fantaisies sans fondements philosophiques. La science, ce n’est pas juste « ce qu’on observe dans la nature ».

      >> 100% d’accord. Si des extra-terrestres arrivaient sur Terre avec des théories différentes mais qui feraient les mêmes prédictions, on aura tous raison. Enfin si, il y aurait un moyen de départager les théories : prendre celle qui est la plus parcimonieuse en axiomes et hypothèses.

      D’autre part, concernant la fin de l’article sur le « déni », la transdisciplinarité est loin d’être la règle dans le monde universitaire, et on peut trouver une certaine tendance des chercheurs à « tout ramener à leur discipline » et à méconnaître les concepts employés dans les autres disciplines. C’est le cas en l’occurrence des sociologues quand ils méconnaissent les résultats de la biologie, voire nourrissent un ressentiment envers « l’hégémonie des sciences dures ». Mais c’est aussi le cas des biologistes quand ils entendent, par exemple, s’approprier la notion de « race » qui est éminemment sociale. Les races biologiques n’existent pas, mais les races existent malheureusement en tant que constructions sociales et jouent un rôle objectif dans nos sociétés qui mérite d’être étudié. Il peut y avoir une tentation en biologie de vouloir « tout expliquer », y compris ce qui relève du psychologique ou du social. Il y a pire exemple énormément d’explications évolutionnistes produites qui sont très peu étayées et où l’interprétation prend largement le dessus sur « les faits ». C’est ce genre d’attitude « hégémonique » qui peut nourrir le ressentiment. Pas seulement le pur déni.

      >> Si on considère que les races n’existent pas au niveau biologique chez l’homme alors qu’on l’accepte chez les chiens, c’est juste une question de choix et de vocabulaire. Car on peut clairement parler de « populations » humaines distinguables les unes des autres génétiquement dans une certaine mesure. Là-dessus, je vous conseillerais la vidéo de DirtyBiology sur le sujet. En fait, fondamentalement, même la notion d’espèce est une construction humaine, qui est seulement utile pour classifier. Le critère de la progéniture fertile est arbitraire, et il existe des exemples pour lesquels ce critère montre ses limites.
      Ce qui relève du psychologique relève forcément de l’activité cérébrale et donc de la biologie. C’est juste que pour le moment, c’est un niveau de description qui est souvent inadapté pour expliquer le comportement humain, mais avec les progrès en neuro-psycho et en neurosciences en général, on s’en approche toujours plus. La psychologie évolutionniste est surtout controversée en France. Certains mentionnent le poids des sciences humaines dans l’hostilité nourrie à l’encontre de cette discipline. Elles voient l’évopsy comme un domaine qui marche sur leurs plates bandes. Les différentes disciplines peuvent avoir le même objet d’étude mais le voir sous des angles différents, il ne faut pas voir en cela une volonté d’hégémonie (même si, par la force des choses, le réductionnisme a tendance à s’imposer par le succès prédictif qu’il permet). Et étant donné que toutes les émotions sont le produit de l’évolution, il est clair que l’évopsy est une approche qui a toute sa pertinence (il faut juste distinguer les causes ultimes et immédiates). Malgré les oppositions, l’évopsy continuera de faire son chemin. Comme toute science « historique », il est vrai qu’elle manque parfois de données pour permettre de réfuter ses hypothèses, c’est vrai. Mais cela n’empêche qu’elle a produit des choses plutôt solides en suivant la méthode scientifique, notamment en regard des comportements reproductifs.

      • Je voulais dire quelque chose de plus fort que ça : il se peut que nos théories (nos « grilles de lecture »), pour fructueuses qu’elles soient, se trompent à certains égards, comme la physique du passé de trompait en postulant une notion de simultanéité absolue par exemple.

        Pour ce qui est des races humaines : il faut aussi replacer le concept dans son histoire, où il se différencie des races animales et devient chargé. En gros il sert le plus souvent à classifier des populations migrantes. Je pensais entre autre au fait que la perception que quelqu’un est « de couleur » ou pas varie énormément suivant le contexte, le lieu géographique, les vêtements portés par la personne etc.

        Sur le réductionnisme je ne serait pas aussi positif. La physique n’a pas remplacé la chimie, la chimie n’a pas remplacé la biologie. Ce sont des domaines d’enquête empirique qui restent distinct même si on comprend comment « en principe » l’un pourrait se réduire à l’autre. Il n’y a aucune raison que la sociologie ne nous renseigne pas sur des aspects importants du monde « au delà » de la biologie, simplement parcequ’un nombre incommensurable de « sociologues possibles »seraient réalisables sur la même base biologique, mais que « notre » sociologie est une seule d’entre elles. En s’appropriant des concepts sociologiques (y compris « genre »), la biologie semble faire fi de ça.

  6. Il y a un éléphant dans le salon dans cet article très intéressant et qui rappelle pas mal de bon points.

    Il y a actuellement une montée de la misandrie au non du féminisme.
    Dans ma boite dur pou un homme de se faire augmenter.

    on sais aujourd’hui que pour être mandataire social il ne faut plus être un homme, c’est interdit.

    Or on connais bien l’origine des inégalité.
    L’analyse des differences de salaire montre que le gros de la différence est un choix de métier qui payent moins, sont moins compétitifs, moins techniques, au grand désespoir des écoles d’ingénieurs. Inné ou acquis, c’est un fait.
    On ajoute a cela le choix dans un couple de promouvoir la carrière du mieux payé, ce qui amplifie la différence existante.
    En plus il y a un structure identitaier différente entre hommes et femme, culturelle, qui fait qu’un homme s’identifie a son succès professionel, et la femme à son succès familial, avec réciproquement travail et famille considéré comme des « bonus » (satifier contre dissatisfier de Maslow).
    La différence d’engagement, le modestie typiquement féminines (mais pas exclusivement), l’esprit collaboratif contre compétitif (pas exclusivement) explique une partie de l’écart restant.
    au final, certains attribuen un bonus aux femme, peut être une régression sur la moyenne, ou une supériorité (compétition mise à part) des femmes en mathématique… pas clair, mais discutable.

    une absurdité de spolitique actuelle est d’essayer de mettre un quota sur des poste élevés qu delà du vivier de gens qui pouraient y aller.
    comment imposer 50% de femmes dans une direction technique, si il y en a 15% à la sortie de l’école d’ingénieur ?
    et une partie non négligeable qui ne travaille plus pour cause de mariage ou maternité (je l’ai vu… un million de franc de la CCIP enterré dans un mariage, ca déprime).

    On parle d’injustice mais personne n’évoque la notion de choix.
    Je lisait des études qui rappelant que dans un couple la femme rapporte 40% des revenus, mais contrôle plus de 60% des dépenses… une vision finalement assez logique des relation homme femme, pas très éloigné des Mars&Venus…

    J’utilise l’image de Maîtrise d’Ouvrage contre Maitrise d’oeuvre, la relation homme femme typique (pas systématique, et c’est là que les doubles peine apparaissent).
    Le pouvoir n’est pas forcément ce que le mythe patriarcale pretend.

    quand aux papa responsables, ils ont la double peine.
    ils payent pour la compensation des avantages anciens donnés aux homme, essentiellement parce qu’ils se chargent moins des enfants, et ils payent parce que leur carrière est attaquées aussi par leur moindre engagement comme les femmes le sont usuellement (et par choix souvent).

    Il y a le même genre de double peine pour les hommes modestes, collaborateurs, ceux exprimant les qualité féminines habituelles, qui payent la facture sans avoir le bonus.

    Dans les réunions syndicales les hommes se prennent des clichés misandres, traités clairement de macho, si ce n’est d’abuseurs, sans avoir le moindre droit de se plaindre, d’appeler la Halde…

    En plus, mais ca change, on continue a ne pas reconnaître la responsabilité, notamment criminelle, le « commanditariat » féminin, qui est traité comme une « emprise » et pas comme une « exploitation » d’une arme facilement manipulable…

    on voit une femme qui bute son conjoint infidèle, exploite fallacieusement la mort de son fils pour se défendre, se faire défendre comme une héroine… Tout le monde sais que si l’on avait inversé les rôles, le gars se serait prix 10 ans, et 15 avec une défense aussi indéfendable et un comportement aussi indécrotable.

    Il y a malgré tout du progrès.
    La femme de Dutroux qui a laissé des gamines mourir, a été mieux traité que son mari, mais pas libéré immédiatement.
    La femme de Fourniret qui a transformé un petit violeurs pervers recruté en prison en un tueur en série tortionnaire et lui a livré les victimes a été condamnée.
    Les femmes du gang des barbares ont été un peu condamnée.

    C’est ce deux poids deux mesures qui énerve.
    le racisme inversé, ca reste du racisme, et le racisme croit sur la discrimination. bref, il faut que ca cesse.
    Il faut que les doubles peine disparaissent, et qu s’il y a compensation des différences hommes-femme ce soit a travers la compensation des différence qui sont a l’origine des injustices, et pas du sexe.
    Il faut que les parents responsables soient compensés de leurs engagement, que la modestie, la collaboration soient mieux récompensé que la vantardise et la carriérisme…
    Ca peut, et certaines féministe le disent bien, se faire en changeant le mode de sélection des école d’ingénieurs qui promeut plus la motivation, le machiavelisme et la prise de risque que la puissance d’analyse, l’éthique et la prudence.

    Cela peut aussi se faire en réduisant l’importance de la sélection non naturelle, privilégiant l’entrepreneuriat et la vie professionnelle sur la formation initiale et le réseau.

    les hommes timides, responsables, en profiteraien aussi, et la société aussi, comme le disent les féministes en avancant la supériorité féminine en toute chose, comme les hommes ont avancé la supériorité masculine en toute chose en leur temps.

    • Out

      Bonsoir, je voudrais répondre maintenant à votre commentaire d’il y a un peu plus d’un mois en y posant une question.
      Il me semble avoir compris votre raisonnement… Si j’ai bien compris : vous souhaiteriez que l’égalité entre les sexes soit rétablie en se penchant non pas sur les différences entre sexes, mais les injustices commises (c’est-à-dire en se concentrant moins sur les études à propos des différences entre les sexes, et plus sur les faits construits par la société comme les inégalités salariales ou judiciaires comme vous les avez remarquées) (si ce n’est pas le cas, je vous serais reconnaissante de m’expliquer votre pensée autrement s’il-vous-plaît)
      Par ailleurs, je me demandais en quoi vous pensiez que promouvoir le machiavelisme et la prise de risque permettrait un changement en ce sens ?
      De la même manière, la puissance d’analyse n’est-elle pas essentielle pour le mode de sélection des ingénieurs ? (Quoique des personnes moins puissantes en analyse peuvent justement avoir des idées originales
      Enfin, et ce qui m’a le plus étonné, car me paraissant le plus contradictoire est l’éthique et la prudence, que vous déconseillez comme argument à mettre en avant par les écoles d’ingénieurs… dans le but d’obtenir plus de parité ?
      Je n’ai pas saisi…, et votre réponse m’intéresse.

      • je n’ai peut être pas été clair (pourtant…?), mais je dénonce la promotion du machiavelisme, de l’illusionisme, de l’individualisme, en tout cas trop systématique.
        C’est l’une des rare cause non objective voire contre productive, du décalage homme- femme : la coopération, la modestie, qui sont sanctionnée plus que récompensées.
        Les femmes surexpriment ces capacité (je l’ai mesuré, en sport et au boulot), mais c’est juste une stat. comme pour le rapport poid/puissance ou la violence conjugale, il y a aussi une grande variabilité personnelle et des recouvrements.

        Il serait idiot de punir les hommes a cause de leur chromosome, mais juste pour ceux qui sont des connards, comme les femmes d’ailleurs et sans distinctions.

        a écouter certains, quand il y a un procès, on devrait condamner l’homme sans chercher a savoir. en en cas de promotion, ne promouvoir que les femmes.

        C’est déjà un peu le cas, en réponse il est vrai a des biais anciens opposés.
        Le racisme qui change de sens, ca reste du racisme.

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