Quand on parle d’effet de serre et des actes du quotidien qui en créent, on pense tout de suite à la voiture. Et pourtant, en moyenne il y a de fortes chances pour que l’impact de vos trajets en voiture soit inférieur à… celui de votre alimentation !

La production de nourriture émet des gaz à effet de serre, comme toute autre activité humaine. L’agriculture est, en fonction des estimations, au moins deuxième contributeur aux émissions de gaz à effet de serre, derrière la génération d’électricité (qui représente 35% du total). Ces émissions se répartissent sur les différentes composantes de l’agriculture, l’élevage représentant une part importante. Sur le sujet, l’organisme FAO de l’ONU a déjà publié plusieurs rapports donnant plusieurs ordres de grandeur en décomposant les contributions par animaux (jolies infographies ici et dernier rapport complet ici). Notre illustration donne une estimation du trajet en voiture équivalent à la production d’un kg de plusieurs items, en se basant sur les chiffres d’un article synthétisant la littérature scientifique sur le sujet. Il s’agit d’estimations moyennes, les valeurs peuvent changer en fonction des pratiques agricoles et du pays concerné. Le constat le plus frappant est l’intensité carbone des ruminants, qui de loin sont les plus émetteurs.

En particulier, l’élevage a une empreinte carbone considérable, pour plusieurs raisons :
– Bien sûr, il faut nourrir les bêtes. Seule une toute petite partie des calories qu’elles consomment se retrouve dans votre assiette (le reste servant à entretenir la carcasse). Faire pousser les céréales et plantes qu’ils mangent entraîne l’utilisation d’engrais synthétiques ou biologiques qui émettent du protoxyde d’azote (N2O), gaz à effet de serre 300 fois plus puissant que le CO2 sur 100 ans.
– Pour faire pousser cette nourriture, on a parfois recours à la déforestation, qui relâche le carbone contenu dans les arbres. Ceci dit, grâce à l’augmentation des rendements et aux efforts de régulation, la surface cultivée n’augmente plus et la déforestation recule.
– Lors de la digestion, les animaux, notamment les ruminants, émettent du méthane (CH4), gaz à effet de serre 25 fois plus puissant que le CO2 sur 100 ans.
– Fin de digestion : la dégradation et gestion des émissions émettent méthane et protoxyde d’azote.
– Enfin, il y a toutes les émissions indirectes : préparation, emballage, transport, réfrigération, cuisson, gestion des déchets…

Bref, l’agriculture est un élément majeur de la discussion sur le climat, et il convient donc de surveiller l’évolution des émissions. Ceci dit, l’empreinte carbone n’est pas le seul élément au tableau, c’est donc sans compter la monopolisation de ressources d’eau, de terres, les pollutions diverses dues aux déchets etc qui constitue une empreinte écologique globale considérable. Évidemment, il est essentiel de nourrir toute la population mondiale. Néanmoins l’optimisation de cette consommation est possible et en cours, au niveau individuel à travers la modification de l’alimentation (plus efficace que de se mettre à manger « local »), et au niveau global à travers l’augmentation des rendements et l’amélioration des pratiques agricoles.