Environnement

Changement climatique : plus d’eau pour les régions humides, moins d’eau pour les régions arides

Prêts pour plus de pluie à Lille et moins de pluie à Nice ?

Article original publié le 23 janvier 2018 pour Ombelliscience sur la plateforme Échosciences Hauts-de-France.


Les émissions humaines de gaz à effet de serre ont des conséquences multiples, au-delà d’un simple réchauffement. On pourra par exemple citer l’acidification des océansmenaçant sérieusement les écosystèmes marins. L’expression « changement climatique » regroupe toutes les perturbations du climat induites par l’augmentation de l’effet de serre.

Parmi les sujets d’inquiétude liés à ces perturbations figure notamment la disponibilité de l’eau douce, qui reste un enjeu sanitaire majeur pour l’humanité. Une eau saine est vitale au-delà de l’usage alimentaire : elle est aussi essentielle dans l’hygiène ou encore pour l’agriculture. Si la situation de l’accès à l’eau dans le monde s’est indéniablement améliorée ces dernières décennies, il faudra à l’avenir compter avec les impacts du changement climatique.

Le changement climatique complique tout

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a pour mission de synthétiser les connaissances scientifiques pour le compte de l’ONU. Déjà en 2008, il démarrait sa publication sur l’eau par la déclaration suivante :

 Il est largement prouvé par des relevés d’observations et des projections climatiques que les sources d’eau douce sont vulnérables et auront à souffrir gravement du changement climatique, avec de grandes répercussions sur les sociétés humaines et sur les écosystèmes.

Parce qu’elles sont à l’origine des ressources en eau, les précipitations constituent naturellement un facteur clé. Il est plus difficile de prédire les changements de précipitations que de température, et il reste de grandes incertitudes. Toutefois, la recherche a pu établir des résultats, rapportés dans un chapitre dédié dans le rapport 2014 du GIEC. Pour simplifier, on pourra retenir d’une part que les précipitations seront plus variables, et d’autre part que les régions humides deviendront encore plus humides et les régions sèches encore plus sèches.

Modification du débit moyen des cours d’eau pour une température mondiale de 2,7°C au-dessus de l’ère pré-industrielle. En orange et rouge, réduction des débits, en vert et bleu, augmentation. La saturation des couleurs correspond à l’accord entre les différents modèles. Source : AR5 du GIEC.

On attend donc une réduction conséquente des ressources en eau dans les régions subtropicales aridesdéjà en état de stress hydrique, avec des épisodes de sécheresse plus fréquents et/ou plus intenses. Partout dans le monde, l’augmentation de l’évaporation dans un air plus chaud contribuera à diminuer la quantité d’eau de pluie rejoignant rivières et sous-sols. En parallèle, on prévoit une hausse des précipitations aux latitudes élevées (régions plus proches des pôles que de l’équateur). Sur plus de la moitié du globe, inondations et crues devraient être plus nombreuses, même si pour le moment les observations passées ne permettent pas d’établir de tendance claire. Enfin, les rivières dépendant de la fonte saisonnière de la neige et des glaciers devraient temporairement voir leur débit croître, en particulier l’hiver, puis décroître, à mesure que les glaciers disparaîtront un peu plus chaque année.

Le GIEC souligne cependant que le changement climatique n’aura pas que des effets négatifs sur les ressources en eau, même si les effets positifs semblent moindres et plus incertains.

La France affectée

On aurait tort de penser que la France, métropolitaine comme outre-mer, serait épargnée. La France