Comment fabrique-t-on les remèdes homéopathiques ? Voici l’exemple emblématique de l’Oscillococcinum, l’anti-grippal de Boiron toujours en tête des ventes !

Ce « médicament » est obtenu à partir d’une dilution astronomique de 200K (voir image pour explication) d’une teinture mère contenant des abats de canards. Après une telle dilution, il y a très peu de chance pour qu’il reste ne serait-ce qu’une seule molécule de la substance de départ dans le produit final. De toute manière, la substance de base (cœur et foie de canard) n’a même pas été prouvée efficace pour soigner la maladie correspondante (la grippe). Les canards sont donc abattus pour rien.

Il arrive qu’en pharmacie ce produit soit proposé aux clients sans discussion particulière, sans qu’ils soient informés de ce que contiennent réellement les petites granules d’Oscillococcinum, à savoir 100% de lactose et saccharose, avec une bonne dose d’absurdité. Il paraît inutile de préciser, à ce stade, que l’Oscillococcinum ne semble absolument pas efficace en tant que traitement des symptômes grippaux. Car oui, des fonds ont été gaspillés pour voir si le sucre – imprégné de l’âme d’un canard de Barbarie – n’avait pas des propriétés anti-grippales. La grippe étant d’origine virale, il n’est pas possible de la guérir à l’aide de produits pharmacologiques (notamment les antibiotiques, efficaces uniquement contre les bactéries). Les anti-grippaux ciblent une réduction des symptômes, en attendant que le système immunitaire vienne à bout de l’infection.

Cet exemple typique nous rappelle une fois de plus que l’homéopathie est un cas d’école de la pseudoscience. Les remèdes homéopathiques ne peuvent pas fonctionner, c’est une impossibilité physique. Il n’est pas surprenant donc qu’ils échouent lamentablement et de façon systématique lors des essais cliniques. Au point où l’on est, tout effort de recherche supplémentaire destiné à tester l’homéopathie n’est qu’un gâchis de temps, d’argent, et de ressources limitées qui pourraient être employées à l’investigation de traitements prometteurs.

Des mécanismes divers et hautement spéculatifs ont été formulés pour tenter d’apporter une justification théorique à l’homéopathie, notamment la mémoire de l’eau, proposée par des chercheurs comme Benveniste. Jusqu’ici, ces propositions n’ont pas du tout rencontré de succès au sein de la communauté scientifique. De toute manière, il n’est pertinent de chercher un mécanisme pour un phénomène qu’à partir du moment où l’on est sûr que le phénomène existe, autrement dit que l’homéopathie fonctionne, ce qui n’est manifestement pas le cas. Évidemment, l’industrie de l’homéopathie jouit d’un statut dérogatoire pour ses produits, qui peuvent donc être mis sur le marché sans avoir à justifier d’une quelconque efficacité, contrairement aux vrais médicaments, tout en profitant d’un remboursement à hauteur de 30% sur ordonnance.