Au fait, l’électricité, ça pollue ? Tout dépend de la façon de la produire…

Au niveau mondial, la génération d’électricité est le premier poste d’émissions de GES, avec au moins un quart du total si l’on la cumule avec la génération de chaleur avec laquelle elle est souvent associée. Ceci dit, ce chiffre global cache de grandes disparités en fonction du mix énergétique choisi. En effet, l’électricité doit être produite à partir d’une source d’énergie primaire. Par exemple, cette énergie peut être chimique, c’est le cas des énergies fossiles, elle est mécanique pour les éoliennes, nucléaire dans un réacteur, ou encore électromagnétique pour les panneaux photovoltaïques. Cette énergie primaire est transformée en électricité, parfois par l’intermédiaire de la génération de chaleur.

Chacune de ces méthodes engendre de la pollution et notamment des émissions de gaz à effet de serre, directement ou indirectement. Le cas direct est évident pour les énergies fossiles que l’on brûle pour in fine obtenir de l’électricité, tandis que le solaire ou le nucléaire n’en émettent pas ou peu lors de la production. Mais pour déterminer leurs empreintes carbone, il convient de considérer les émissions liées à l’ensemble du cycle de vie, et ce par unité d’énergie produite.

La prise en compte de toutes les émissions directes ou indirectes est le but des analyses de cycle de vie (Life Cycle Assessment ou LCA, en anglais). De nombreuses estimations des émissions de gaz à effet de serre lors du cycle de vie des filières de production d’électricité ont été faites au cours d’analyses indépendantes dans de nombreux pays. La publication d’où sont issus les chiffres présentés ici est une synthèse de ces travaux, c’est-à-dire que les auteurs ont parcouru la littérature scientifique pour relever les différentes estimations et les compiler. On retrouve donc sans surprise que les énergies fossiles sont les plus émettrices, essentiellement de par la combustion des combustibles fossiles. Pour les autres, c’est la fabrication et l’entretien des installations qui deviennent prépondérants, puisque le fonctionnement n’induit pas d’émissions directes. C’est donc ce qui plombe notamment le photovoltaïque, car fabriquer (et remplacer) les cellules solaires est très gourmand en énergie et très émetteur.

Ce qu’il faut retenir, c’est que l’électricité est aussi verte que son moyen de production, avec tout ce que cela implique. Par exemple, une voiture électrique sera donc aussi propre que le mix électrique du pays de fabrication et d’utilisation. Il est ainsi intéressant de noter qu’une voiture électrique fabriquée et roulant en Allemagne – où l’électricité est davantage carbonée qu’en France – émettra au total sur sa durée de vie à peu près la même quantité de CO2 qu’une voiture avec un moteur conventionnel… La fabrication des batteries, très polluante (au sens large), pèse lourd dans les émissions du cycle de vie.