Vous avez certainement vu les marques circulaires sur le corps de certains athlètes aux JO, et notamment Michael Phelps. Mais qu’est-ce que c’est au juste ?

Ces marques sont causées par une pratique de médecine traditionnelle chinoise appelée en anglais « cupping », consistant à apposer contre la peau un vide partiel à l’aide d’une coupe en verre. La peau est donc « aspirée », et le sang affleure en surface : c’est « l’effet suçon ». Il existe plusieurs formes de cupping, notamment avec ou sans saignement (en perçant ou non la peau au préalable).

Initialement, cette pratique était la variante chinoise de la saignée, tombée en désuétude en Occident au 19ème siècle (sauf pour quelques pathologies particulières). Le cupping avait pour but de « rééquilibrer le flux de Qi » dans le corps. Pour rendre la chose plus familière au public de 2016, aujourd’hui on parle plutôt vaguement « d’élimination de toxines », « d’augmentation du flux sanguin », ou encore de « stimulation du système immunitaire ».

Le fait est qu’il y a eu des recherches sur les bénéfices éventuels du cupping. On trouve majoritairement des études de qualité médiocre, dont certaines auront tendance à montrer des effets positifs, c’est souvent le cas pour des thérapies alternatives. En particulier, la quasi-totalité des publications chinoises sont favorables au cupping. Cependant, plus la qualité de l’étude augmente, et moins les effets positifs sont évidents. Finalement, il semblerait que le cupping puisse être potentiellement utile uniquement contre la douleur, qui est un symptôme largement subjectif. Il est d’ailleurs intéressant de noter que ce cas est similaire à celui de l’acupuncture ayant un effet modeste contre la douleur et les nausées. Ceci dit, quasiment toutes les thérapies peuvent être considérées « efficaces » contre la douleur, qui pourrait être l’un des seuls symptômes pour lesquels un effet placebo significatif existe réellement.

En bref, une fois de plus une célébrité fait une publicité gratuite pour une pratique complètement pseudoscientifique. Michael Phelps gagne ses médailles, certes, mais le cupping n’a certainement rien à voir avec ses performances extraordinaires, maintenues sur plusieurs Jeux Olympiques, avec ou sans cupping.