Esprit critique

6 arguments clés pour riposter face à votre ami complotiste

L'argumentaire derrière les théories du complot est très fragile.

La plupart des gens ont déjà été confrontés, de près ou de loin, à un partisan des théories du complot. De la conspiration de l’ONU sur le changement climatique jusqu’aux visites d’extra-terrestres, en passant par le fait que la Terre serait plate, ces « théories » sont de toutes sortes. Parfois, la croyance ne se limite pas à une seule d’entre elles, et la méfiance envers toute information « officielle » peut devenir envahissante et favoriser la croyance en l’existence de « mégacomplots » planétaires. Face à un partisan, il est assez courant de se trouver submergé par une  masse d’arguments qui paraissent plutôt convaincants. On peut bien sûr décider de ne pas s’en mêler, mais si on pense qu’une réaction est nécessaire, comment s’y prendre ? Cet article n’a pas pour but de montrer les faiblesses spécifiques à chaque théorie du complot (c’est le rôle des debunkers), ni même de prouver qu’elles sont toutes fausses. On se contentera de faire une liste non-exhaustive de remarques qui se montreront efficaces dans la plupart des cas. En effet, la logique se trouvant derrière la pensée conspirationniste est sérieusement bancale. Évidemment, ce guide ne prétend pas garantir le succès dans un débat, mais propose des outils clés pour favoriser une démarche critique.

Dans ce qui suit, supposons que l’on soit face à un partisan d’une ou plusieurs théories du complot, que nous appellerons Pierre.

Commencer par bien poser le débat

Comme dans tout débat, l’attitude compte tout autant que les arguments. Il est important de rester calme et factuel et de veiller à ne pas se montrer catégorique dès le départ. En effet, un choc frontal est souvent contre-productif, notamment quand on parle de conspiration, d’autant que Pierre est probablement en position de force sur ses sujets de prédilection. Par ailleurs, en restant ouvert en principe à la possibilité d’un complot et en reconnaissant que de vrais complots ont été découverts par le passé, on évite d’être d’emblée considéré comme une naïve victime de la « propagande officielle ».

1. C’est à Pierre de prouver l’existence d’un complot

Il est d’abord impératif de se mettre d’accord sur le fait que pour croire une histoire quelconque, il est indispensable de disposer de preuves (« ce qui est affirmé sans preuve peut être nié sans preuve »). Ici, puisque c’est Pierre qui affirme qu’il existe un complot, c’est lui qui porte la charge de la preuve, autrement dit, c’est à lui d’apporter les preuves de l’existence de ce complot et non pas à nous de montrer son inexistence (ce qui de toute façon est formellement impossible). S’il exige le contraire, il tente de renverser la charge de la preuve. Par ailleurs, plus une histoire paraît extraordinaire (exemple : « les licornes existent »), plus les preuves devront être nombreuses et solides. Pierre doit donc fournir des arguments, plus ou moins forts en fonction du caractère extraordinaire du complot en question.

2. L’ampleur improbable du complot

Quand on examine les ramifications du complot décrit par Pierre, on comprend vite qu’il ne peut pas être le fait d’un nombre restreint de personnes, en particulier pour tous les « mégacomplots ». Or, il est évident que plus un secret est partagé par un grand nombre de gens et plus le temps passe, plus il a de chance d’être brisé. En incluant le monde politique, les autorités, la presse, les industriels, la communauté scientifique etc, on arrive rapidement à des milliers de personnes, voire plus, impliquées dans un complot planétaire qui s’étendrait souvent sur plusieurs années voire décennies, et ce sans aucune fuite. Cela paraît assez improbable, d’autant plus que dans certains cas, les gains potentiels en termes d’argent et de prestige social rendraient la dénonciation très tentante. C’est encore plus vrai à l’ère d’Internet, des journalistes en freelance et des « lanceurs d’alerte ». Face à cette improbabilité, l’argumentaire de Pierre doit donc être particulièrement solide.

NB : une publication scientifique a voulu apporter une preuve mathématique du fait qu’un complot mondial s’écroulerait forcément sous son propre poids. Elle présente hélas de gros défauts, mais qualitativement l’idée reste valide.

3. Des « preuves » pas si impressionnantes

Les arguments de Pierre peuvent être très nombreux, mais en général ils ne sont solides qu’en apparence. Typiquement, l’essentiel des arguments repose en fait sur l’observation de coïncidences et d’éléments étranges. En fait, Pierre ne dispose pas de preuve tangible de l’existence d’un complot, mais seulement d’un ensemble hétéroclite d’observations censées être « suspectes » (ce qui reste plutôt subjectif). Or, quand on analyse en profondeur des événements complexes, comme le font les conspirationnistes, il est normal de tomber sur des coïncidences surprenantes. Ceux qui sont motivés ont énormément de données à explorer, et rassemblent tout ce qui sort plus ou moins de l’ordinaire pour conclure que quelque chose ne va pas. Ils commettent par là une erreur simple : il est facile de s’étonner a posteriori de l’improbabilité de ce qui s’est déjà produit (quelle était la probabilité que vous éternuiez hier à 11h37mn14s ?).

4. Un raisonnement qui tourne en rond

Lorsqu’on propose des contre-arguments, il est probable que Pierre les rejette sans vraiment les considérer. Cela pourrait passer pour de l’agilité intellectuelle, mais en fait cette tendance est certainement la plus grosse faiblesse de la pensée conspirationniste. À l’extrême, pour Pierre, toute preuve qu’on pourra lui opposer est inventée par ceux qui font partie du complot pour discréditer son point de vue. Inversement, si lui ne dispose pas de preuves convaincantes, c’est qu’elles sont dissimulées. Ce raisonnement est complètement circulaire : pour prouver que le complot existe, Pierre suppose dès le départ qu’il existe un complot. À ce stade, on peut lui demander ce qui pourrait le faire changer d’avis. Si la réponse est « rien », alors il rend son discours infalsifiable : c’est une croyance au-delà de tout débat rationnel, puisqu’aucun argument ne pourra le faire changer d’avis. En s’immunisant contre la critique, Pierre commet une erreur fatale (« pile je gagne, face tu perds »). Sa théorie du complot n’est donc même pas fausse, pire, elle est sans intérêt. Pierre pourrait tout aussi bien affirmer qu’un dragon indétectable vit dans son garage, cela aurait la même crédibilité.

5. Des canulars pris au sérieux

De nos jours, il est très facile de répandre des rumeurs. Il est assez éclairant de se rendre compte que des canulars à base de montages (photo ou vidéo) puissent être pris au sérieux par certains. L’équipe de Thomas Huchon a même créé une vidéo présentant une théorie du complot inventée de toutes pièces dans le but de voir si certains allaient la prendre au premier degré, ce qui n’a pas manqué. Cela veut dire qu’il est relativement simple, avec un minimum de travail, de faire croire une histoire à partir de rien. Il est donc plausible que des théories du complot puissent naître sans d’autre fondement que l’imagination de leurs créateurs.

6. Renverser les rôles

L’imagination n’admettant pas vraiment de limites, il existe un quantité incroyable de théories du complot, et il y en a pour tous les goûts (avec des colorations anticapitalistes, xénophobes, nationalistes, religieuses…). Il en existe donc forcément une à laquelle Pierre ne souscrit pas, et qui s’oppose même à ses convictions. Prenons le rôle de partisan, en mettant Pierre à la place du sceptique. Pourquoi ne devrait-il pas nous croire ? Après tout, on dispose là aussi d’un arsenal d’arguments déstabilisants. On pourra alors illustrer avec Pierre les failles présentées ci-dessus, et lui faire remarquer qu’elles sont aussi contenues dans son propre discours. À ce stade, il paraît évident que l’adhésion à une théorie du complot plutôt qu’une autre dépend davantage de notre vision du monde et de nos sensibilités idéologiques que de la force des arguments.

Reconnaître le conspirationniste en nous

Les théories du complot sont séduisantes car elles nous apportent une sensation de contrôle en donnant une interprétation toute simple à une réalité complexe, même quand celle-ci semble contredire nos a priori.  Incapables de saisir toute la complexité du monde, nous opérons fatalement avec des modèles mentaux de la réalité, plus ou moins fantaisistes en fonction de nos convictions personnelles. Il est alors fortement tentant de succomber au biais de confirmation et de ne garder en tête que les informations qui vont dans notre sens. La pensée conspirationniste repose sur d’autres traits psychologiques très humains, par exemple la tendance à voir des connexions pleines de sens entre des éléments distincts, ou encore le fait de voir des intentions (potentiellement malveillantes) derrière des événements. L’utilisation abusive de ces facultés est facile à identifier chez les autres, mais plus difficile à reconnaître chez soi. Car quelque part, il y a un conspirationniste en chacun de nous. Par exemple, sans aller jusqu’au complot planétaire, la pensée conspirationniste permet aussi de rejeter le consensus scientifique sur des sujets précis quand cela nous arrange, ce qui est pratique pour pouvoir continuer à faire son shopping sur le « marché des idées ».

  1. cisiana

    Il y a encore un flou pour moi. Est ce être complotiste de dire cela: « les lobbys on une influence sur les euro députés qui devient problématique pour la démocratie », « le vaccin contre l’hépatite B à eu des effets secondaires très grave sur certaines personnes vaccinées », « l’opération paperclip de la CIA est resté secret pendant 30 ans », « les grands médias sont la propriété de quelques milliardaires et cela pose un pb d’indépendance de la press », « Le secret défense permet à l’État de garder secret tout un tas de dossiers sur lesquels les citoyens devraient avoir un droit de regard ». Merci

    • E.T.

      Merci de votre commentaire.

      Cet article faisait visait plus spécifiquement les grandes théories du complot, même si la pensée conspirationniste peut se manifester de manière plus subtile.

      Pour répondre à votre question, énoncer des états de fait ne pourra jamais être considéré comme complotiste. Donc, à condition que vous ayez de quoi soutenir toutes les affirmations que vous avez mises entre guillemets, non ce n’est pas vraiment complotiste. Ça le deviendrait si vous commenciez à broder une interprétation des faits tout autour pour raconter une histoire convaincante mais qui repose sur pas grand chose (i.e. une fiction), en éludant les éléments contradictoires.

      Après, il faut se rappeler que, comme beaucoup d’expressions qu’on utilise, la notion de « théorie du complot » est utile pour caractériser certains discours, mais la définition est assez souple et ses contours de sont pas nets. On pourrait d’ailleurs dire qu’il y a divers degrés de conspirationnisme.

      • Yannick

        Quand certains disent que le 11 septembre a été organisé par al-Qaïda, c’est un fait ou une opinion ?

        • cisiana

          Je pense que c’est un avis, mais qui nous est présenté par la CIA. Hors cette organisation de renseignement a usée à mainte reprise de faux communiqués pour monter des clans les uns contre les autres, y compris en interne de ses services.
          Le communiqué d’Al Qaida qui revendique l’attentat du 11 septembre a donc très bien pu être modifié par la CIA avant qu’elle ne le publie. Tout dépends la confiance que l’ont accorde à cette agence centrale.
          Pour moi le doute se situ uniquement dans le contenu du communiqué d’Al Qaida.

        • E.T.

          Vous vous méprenez sur l’usage des termes.

          « Opinion » ne peut pas être opposé à « fait ». Si vous regardez la définition du mot « opinion », il s’agit d’un jugement (par exemple, dire si c’est bien ou mal) émis sur quelque chose, quelqu’un ou sur un fait. L’opinion peut davantage se rapprocher d’une interprétation des faits, à la rigueur.

          Ce que vous auriez pu opposer, c’est « fait » et « croyance », même si finalement, il faut garder à l’esprit que si on en vient au fonctionnement du cerveau, on peut difficilement distinguer « fait » et « croyance ». Car même si la réalité des faits est indépendante de ce qu’on en pense, en ce qui nous concerne un fait n’est qu’une croyance corroborée par des éléments de preuve convaincants, ce qui permet de dire « je sais qu’il fait plus chaud l’été que l’hiver en France », plutôt que « je crois qu’il fait plus chaud l’été que l’hiver en France ». Ceci dit, il y a tout un spectre entre la croyance infondée, et le fait avéré. Le problème, c’est que certains prennent une croyance infondée pour un fait avéré, et inversement.

          • Yannick

            Dire que le 11 septembre a été organisé par al-Qaïda, c’est une croyance qui est infondée pour le moment (ce sera peut-être démontré un jour). Le problème, c’est que certains pensent que c’est un fait avéré.

  2. Nicolas Krebs

    reopen911.info c’est les gens qui osent écrire que « [leurs] détracteurs ne maîtrisent le sujet, ils ne l’ont pas étudié. » ( https://twitter.com/ReOpen911_info/status/835148373695021059 , 24 févr. 2017)

  3. robin

    Le projet Manhattan impliquait je crois jusqu’à 100 000 personnes pourtant par le fractionnement des tâches et le secret sur chacune d’elle on a su le maintenir secret pendant de nombreuses années.

    • E.T.

      « de nombreuses années » ?
      Le projet Manhattan a duré au total entre 5 à 7 ans, avec au début de petites équipes, et seulement au plus haut de son activité une centaine de milliers de personnes. Ceci dit, dès le bombardement de Hiroshima et Nagasaki et la fin de la guerre, le public a appris l’existence de l’arme atomique et celle du projet menant à leur développement.

      Du reste, cette situation est complètement différente de celle du 11 septembre par exemple. Alors que les scientifiques travaillant sur la bombe gardaient le secret pour des raisons stratégiques évidentes, sous peine de lourdes sanctions, pour fabriquer un faux consensus sur l’effondrement des tours jumelles, il faudrait que des scientifiques aient tous conjointement falsifié leur travail. Et encore, c’est ne parler que des chercheurs.

  4. robin

    Il y a 2 écueils essentiels : Ne jamais voir de complots nulle part et en voir partout. Ceci posé l’histoire nous a amplement démontré avec moultes documentations que les complots en histoire sont plutôt la règle que l’exception, à partir de là pourquoi traiter systématiquement celui qui pense à un complot de malade mental et lui refuser tout débat comme ça se pratique depuis longtemps dans les médias et tout particulièrement depuis les attentats du 11 septembre ? par exemple puisque les circonstances des attentats du 11 septembre 2001 sont si claires que ça pourquoi ne pas organiser de débats publiques équilibrés ca serait pourtant une occasion facile de se payer la tronche des conspis non ?

    • E.T.

      « les complots en histoire sont plutôt la règle que l’exception »
      >> Qu’est-ce qui vous permet d’affirmer ça ? J’ai du mal à imaginer comment on pourrait valider ou invalider cette affirmation.

      « pourquoi traiter systématiquement celui qui pense à un complot de malade mental et lui refuser tout débat comme ça se pratique depuis longtemps dans les médias et tout particulièrement depuis les attentats du 11 septembre ? »
      >> De quel genre de débat parlez-vous ? Au contraire, je trouve que des débats, pas seulement à la télévision mais aussi sur Internet, il y en a toujours beaucoup, et de toutes sortes.

  5. OlivierJ

    Voir un complotiste parler de biais de confirmation, je trouve ça assez ironique, tout comme quand il parle d’esprit critique. De toutes façons, vous ne savez pas répondre aux faits et arguments des scientifiques, qui ont « debunké » depuis longtemps vos hypothèses, vous vous concentrez sur des détails sans importance et des coïncidences, bref vous illustrez assez bien ce qu’explique l’article que nous commentons.

    Par ailleurs, dans l’article que j’ai indiqué, on peut lire ceci, que je vais citer en partie car il faudrait vraiment que ce soit intégré et compris :

    « Dix ans après les faits, une documentation scientifique impressionnante a été publiée sur le sujet : des rapports des organismes américains en charge de l’enquête technique (Fema, Nist), mais aussi des dizaines de publications indépendantes dans les plus grandes revues scientifiques du domaine.

    Ce sont près de 15 000 pages au total, rédigées par des centaines de spécialistes du calcul de bâtiments ou de l’expertise des accidents, ce qu’on appelle l’« ingénierie forensique ».

    Ces avis circonstanciés, et indépendants, ont permis d’établir les causes les plus probables de ces effondrements. Les crashs ont certes affaibli la structure des tours,
    mais c’est surtout la destruction totale ou partielle des protections incendies (actives ou passives) qui a accéléré et accentué les effets des feux sur les éléments porteurs, jusqu’à la catastrophe finale.

    Ce phénomène est expliqué en détails sur le site Attentats du 11/9 : mythes et légendes et dans mon livre « La Farce enjôleuse du 11-Septembre ».

    Non seulement aucune voix dans la communauté n’est venue contester les grandes lignes de ces conclusions, mais les résultats ainsi établis servent actuellement de modèles pour les nouveaux codes de calcul développés. »

    • Yannick

      Vous avez le droit de croire sur parole tout ce que dit Jérôme Quirant.

      • OlivierJ

        Jérôme Quirant ne fait que rappeler le consensus scientifique sur le sujet.
        Mais je suppose que vous rejetez le consensus scientifique. A partir de là, votre opinion est juste une opinion, sans guère de valeur.

  6. Aur_

    Article intéressant, mais comme tu dis :

    « pour croire une histoire quelconque, il est indispensable de disposer de preuves »

    Je soulève juste, sans me positionner que l’histoire d’un évènement, rapportée par les médias (à la tv pendant les infos ou sur internet) n’apporte en général aucune preuve, dans la plupart des cas. Souvent même la source (quand on y remonte) n’apporte pas de preuves, juste une histoire racontée.

    De ce fait est-ce qu’on pourrait dire que parce qu’un média ou une voix sont officiels, cela constitue une preuve en soit ?

    En plus dans l’histoire du site reopen, la volonté première est de refaire une enquête indépendante, ce qui en soit scientifiquement tient la route non ?

    • E.T.

      Le premier point soulevé est parfaitement légitime et plutôt complexe à aborder. En effet, s’il y a un attentat commandité par l’État Islamique au Pakistan (ce qui s’est produit il y a quelques jours), personne n’ira sur place vérifier par lui-même si c’est vrai. Il faut donc, dans une certaine mesure, accorder sa confiance à ceux qui rapportent l’histoire. Néanmoins, on peut retrouver un consensus journalistique sur la question, avec, en plus des grandes compagnies de médias, de plus petites structures indépendantes ainsi que des journalistes en freelance. De plus, le travail du journaliste est souvent de rapporter ce que des institutions, personnalités politiques ou agences de presse nationales communiquent, et s’il fait bien son travail, il insiste sur le fait qu’il ne fait que rapporter ce qui a été dit (ex : « le porte-parole de la Maison Blanche a déclaré que… »), avec en général un peu d’esprit critique (il n’y a qu’à voir avec quelle minutie sont examinés les agissements de la Maison Blanche par la presse américaine, en particulier sous la présidence Trump). Finalement, il n’est pas question de dire que tout ce que dit la presse conventionnelle est vrai (surtout que c’est manifestement impossible dans la mesure où il existe de grandes divergences, ne serait-ce que dans l’interprétation des faits). Mais il faut bien voir qu’un individu adhérant aux théories du complot lui, affirme que tout ce qu’on raconte sur un sujet donné est faux. Encore une fois, c’est lui qui se mouille le plus, et c’est à lui de montrer l’existence de ses complots.

      Concernant Reopen, il est vrai qu’au premier abord, il est difficile d’expliquer pourquoi on s’opposerait à une enquête indépendante. Or, exiger qu’elle est lieu, c’est déjà présupposer que ce qui tout ce qui a été fait auparavant était biaisé, ce qui n’est pas démontré. Car il faut bien comprendre que les activistes de Reopen ne seront satisfaits probablement que lorsque le résultat d’une enquête ira dans leur sens (ce qui est assuré si ce sont eux qui se chargent de l’enquête). Comme dit dans un autre commentaire, de nombreuses analyses et expertises ont été menées sur le sujet, et toutes invalident l’argument central des thèses complotistes (i.e. que les tours jumelles ont été démolies volontairement par explosifs). La pensée conspirationniste pousse à se dire que, si ces divers rapports et publications sont arrivés à cette conclusion, c’est justement pour couvrir la conspiration. On retombe donc en plein dans le point 4 (raisonnement circulaire et discours infalsifiable). Reopen sera toujours en mesure d’exiger des preuves et des enquêtes supplémentaires, ce qui revient à repousser sans cesse la ligne d’arrivée (ou déplacer les poteaux de but…) pour donner l’impression que leurs interlocuteurs ne sont pas convaincants.

      • Aur_

        Pour la première partie (journalistique), ce que tu dis est vrai, mais seulement les faits rapportés ne le sont pas toujours de cette manière. Combien de sites ou d’émissions se basent sur d’autres sites ou émissions pour baser leur enquête ? Après j’espère quand même que l’on puisse se fier sur certains journaux pour être sûr que le boulot est fait correctement, mais c’est tellement compliqué ce méli mélo médiatique…

        Pour reopen j’ai un avis un peu plus mesuré. Le fait de pouvoir laisser une enquête indépendante du gouvernement se faire pourrait être intéressant, même pour ceux qui ne croient pas au complot.

        1 – ça n’effacera pas l’enquête existante, on aura donc de quoi comparer les faits et les résultats sur les 2 enquêtes.

        2 – ça permettrait enfin d’avoir accès à toutes les données (sauf si je dis des bêtises il me semble que certains documents n’ont toujours pas été déclassifiés), ce qui éviterai que des pseudo-enquêtes se fassent par certains (reopen ou pas), avec des semblants de faits. Ce serait plus juste.

        J’ai l’impression qu’on reproche à reopen de faire de la m***de alors qu’ils n’ont pas toutes les données de dispo. Qu’on les laisse accéder à tout, faire une enquête dans les règles de l’art, et on comparera les 2 enquêtes dans les règles de l’art 🙂

  7. Un super article merci ! Pour que le matériel pédagogique soit complet, pourriez-vous y adjoindre un cas (une conversation de bout en bout avec un complotiste ou un crypto-complotiste) ?

  8. Yannick

    Il faut faire le tri entre les théories farfelues et les vraies zones d’ombre, par exemple sur l’assassinat de JFK ou sur le 11 septembre : wiki.reopen911.info/index.php/Cause_de_l%27effondrement_de_la_3ème_tour_du_WTC

  9. Zealot

    Sur la question du nombre de personnes impliquées dans le complot je suis tout à fait d’accord. Il y a bien une source extrêmement parlante sur le nombre de personnes idéal pour mener à bien un projet: le nombre allant de 3 à 10 personnes dans les cellules opérationnelles terroristes (Basques, Anarchistes, communistes ou les formes plus récentes).
    L’idée est que l’on peut connaître ces personnes et le cercle du secret ne sera pas rompu, si plus de personnes s’ajoute, le risque de fuites/trahisons augmente, ce qui sonnerait la fin du projet. Un chercheur a aussi théorisé cette idée mais je ne sais plus son nom.
    Un superbe dossier du Monde Diplomatique a été écrit (en juin ou été 2014 si mes souvenirs sont bons) sur les théories du complot, il évoque aussi l’idée d’un potentiel complotiste en chacun de nous, et prenait, entre autres l’exemple de l’affaire DSK.

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