L’autisme serait-il causé par la consommation de produits bio ? Au premier coup d’œil, ce graphique traduit par nos soins semble montrer que les deux sont liés… Sauf qu’en réalité, corrélation ne vaut pas causalité, et en l’occurrence il est fort probable que les deux phénomènes n’aient rien à voir.

Lorsque deux éléments X et Y sont corrélés, il se peut que X cause Y, mais aussi que que Y cause X (l’autisme ferait augmenter la consommation de bio). Il se peut également que X et Y soient causés par un autre facteur Z. Par exemple, au cours de l’année les ventes de glaces est positivement corrélée au nombre de morts par noyade, sans que l’on puisse établir de lien entre les deux. La vraie raison à cette corrélation est qu’en été, les températures plus élevées conduisent à davantage de consommation de glaces et davantage de noyades. Enfin, il est encore possible que la corrélation soit due au hasard, en particulier pour les corrélations temporelles comme ici avec l’autisme et le bio, ou avec bien d’autres quantités si on les choisit bien.

Il existe d’innombrables possibilités, il se trouve que certaines séries temporelles se ressemblent à un point qui pourrait paraître troublant, mais cela ne veut pas dire qu’elles sont liées. Le fait que des ressemblances fortuites soient inévitables, couplé à notre propension à établir rapidement des connexions entre des éléments – ce qui nous est utile au jour le jour et du point de vue de l’évolution des espèces – il n’est pas étonnant que nous faisions de temps à autres des associations qui n’ont pas lieu d’être.

Pourtant, c’est sur la seule base de ce type d’argument que le mouvement anti-vaccin s’entête à associer l’autisme à la vaccination. Cet argument est complètement invalide, et les études ayant étudié la question ont confirmé l’absence de lien réel entre vaccination et autisme. Il est clair que le nombre de diagnostics de troubles autistiques a beaucoup augmenté, néanmoins, il semblerait que cette augmentation soit largement attribuable à la modification des critères de diagnostic, ainsi qu’à des diagnostics plus fréquents. Ces deux facteurs sont liés à une meilleure connaissance de cette famille de troubles au sein de la communauté médicale et du public.