Esprit critique, Santé

Les « médecines alternatives » ne font pas de mal… Ah bon ?

Le 18 mars, une tribune a interpellé l’opinion publique sur la légitimité des « médecines » non conventionnelles, rebaptisées de façon provocante fake médecines. Poussée par l’effervescence médiatique qui a suivi, la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn s’est prononcée sur la question du remboursement de l’homéopathie. La ministre a alors répété un raisonnement très populaire : « Si ça ne fait pas de mal, où est le problème ? » 

En effet, où est le mal avec les « médecines » non conventionnelles ? Pourquoi leur intégration dans le système de santé conventionnel serait-elle une mauvaise idée ? Alors que la tribune apportait déjà des éléments de réponse, faisons un tour d’horizon de ce qui pose problème avec les pseudo-médecines.

Promesses illusoires et faux espoirs

Comme le précise le Ministère de la santé, les approches non conventionnelles correspondent par définition aux approches qui n’ont pas prouvé leur efficacité. En pratique, soit elles n’ont pas été suffisamment testées, soit les tests se sont soldés par des échecs. L’homéopathie, largement discréditée après des milliers d’études, rentre typiquement dans ce second cas, raison pour laquelle elle conserve l’étiquette non conventionnelle plus de 200 ans après son invention.

Un premier problème se pose donc sur le plan éthique pour les professionnels de santé, puisqu’il s’agit de proposer des pratiques potentiellement (voire certainement) inefficaces à des patients mal informés. Car s’ils étaient au courant de l’absence de preuve d’efficacité de ces approches, il est probable que certains patients ne se tourneraient pas vers elles. L’intégration d’approches non conventionnelles dans le système de santé, à travers l’exercice de médecins ou une présence en pharmacie, leur donne une légitimité indue qui trompe les patients. Ce point est bien abordé par les signataires de la tribune qui invoquent les différents Codes de déontologie des professions médicales.

Citation de Tim Minchin issue de son poème musical Storm.

Notons que lorsqu’on dit qu’un soin est « inefficace », on entend en fait « pas plus efficace qu’un placebo ». Ce fameux effet placebo, s’il constitue un concept utile en recherche clinique, fait l’objet de nombreux fantasmes au sein du public quant à l’étendue de son pouvoir. Du reste, les pseudo-médecines ne sont jamais présentées comme des placebos par leurs promoteurs, mais comme réellement efficaces.

On fait encourir des risques directs

Certains avancent donc que les approches non conventionnelles ne font pas de mal, contrairement à la médecine conventionnelle et ses effets secondaires. Cela est peut-être vrai de l’homéopathie qui est justement conçue de sorte qu’il n’existe aucun effet pharmacologique (encore que certains produits homéopathiques ont été mis en cause dans le décès de nourrissons aux États-Unis). Mais en dehors de cela, la plupart des approches non conventionnelles présentent des risques, les actes effectués et les substances utilisées n’étant pas anodins.

Parmi les disciplines non conventionnelles reconnues en France, l’acupuncture est relativement sûre mais peut tout de même entraîner infections et pneumothorax. Le risque d’AVC suite aux manipulations des chiropracteurs est bien documenté mais peu communiqué. Le jeûne thérapeutique dénutrit et affaiblit les patients atteints du cancer. À Taïwan, une plante médicinale a été incriminée dans la survenue de cancers de la vessie. Régulièrement, des décès dus à des pratiques extravagantes sont documentés : une patiente traitée par un naturopathe pour de l’eczéma est morte suite à l’injection d’une solution de curcuma en intraveineuse (!).

En acupuncture, la perforation d’organes sous la peau est un effet indésirable rare mais grave
Crédit photo : Marnie Joyce (CC BY 2.0)

Une partie du problème vient du manque de régulation, en particulier sur le Web et en auto-médication. Diverses analyses sur des échantillons de plantes médicinales traditionnelles chinoises ont mis en évidence la présence anormale de métaux lourds, de plantes toxiques et même d’espèces animales (y compris menacées, comme le léopard des neiges). Parfois, la plante vendue ne correspondait pas à l’indication sur l’étiquette. De manière générale, il y a des raisons de se méfier des produits à base de plantes dont la composition n’est pas bien contrôlée.

On gâche de l’argent et des ressources

On présente parfois les pratiques de soin non conventionnelles comme bon marché. D’abord, il faut noter que c’est faux dans de nombreux cas (cf. prix d’une boîte d’Oscillococcinum ou d’une séance d’acupuncture), surtout vis-à-vis du service rendu qui n’excède pas le placebo. On pourrait penser que cela ne regarde que les patients ayant recours à ces remèdes non validés, mais n’oublions pas qu’en France l’acupuncture est remboursée à hauteur de 70%, et l’homéopathie à hauteur de 30% (80% en Alsace-Moselle). Même si les sommes en jeu sont limitées, cela pose problème à l’heure où certains médicaments efficaces sont déremboursés car on juge le service rendu « modéré » ou « faible ».

Il faut dire qu’il s’agit d’un marché juteux : en 2016, les Américains ont dépensé 30 milliards de dollars de leur propre poche pour des soins non conventionnels, soit 9,2% de leurs dépenses de soin non remboursées. Cela est ironique, quand on sait que les partisans des approches non conventionnelles critiquent souvent l’intrusion de logiques de profit dans la santé. On pointe aisément la cupidité de Big Pharma, en allant jusqu’à l’accuser de rendre délibérément malade la population. Par contre, cette condamnation n’inclut pas les praticiens des « médecines alternatives », alors que ceux-ci s’enrichissent (consciemment ou non) au détriment de patients par définition mal informés. On critique « les labos » à tout va, en oubliant les laboratoires Boiron qui vendent pourtant du sucre à prix d’or.

Par ailleurs, il faut également prendre en compte l’argent gaspillé en recherche sur des traitements peu prometteurs. Alors que l’homéopathie s’est révélée systématiquement inefficace pour d’innombrables indications, on continue de mener des essais cliniques coûteux pour voir si, par hasard, elle ne serait pas efficace cette fois-ci. Entre 1999 et 2009, près de 3 milliards de dollars ont été dépensés aux États-Unis pour tester des remèdes de « médecines complémentaires et alternatives », sans déboucher sur un quelconque succès. Il est certes utile de tester des pistes exploratoires, mais dans un contexte où les ressources sont limitées, il est important de diriger en priorité les efforts vers les traitements dont l’efficacité est scientifiquement plausible.

On concurrence les soins efficaces

Beaucoup de partisans diront qu’ils n’ont recours aux pratiques de soin non conventionnelles que pour les petits bobos, mais qu’ils ne les utiliseraient pas pour des pathologies graves. Au-delà de l’aveu de faiblesse que cela constitue, force est de constater que tout le monde n’est hélas pas aussi raisonnable. En effet, même pour le cancer, certaines personnes se détournent des traitements conventionnels et choisissent des méthodes alternatives. Très logiquement, ces patients meurent plus vite que les autres, comme l’a illustré une étude en 2017, confirmant le résultat de plusieurs travaux antérieurs. Empêcher ou retarder une prise en charge appropriée est l’un des principaux risques associés aux « médecines alternatives ».

La vocabulaire employé y est pour beaucoup. L’invention par les homéopathes du terme allopathie, en opposition à l’homéopathie, met insidieusement toutes les pratiques sur un pied d’égalité. De même, en parlant de médecine alternative, on présente explicitement les pseudo-médecines comme de véritables alternatives à la (vraie) médecine.

Pire, les promoteurs des pseudo-médecines peuvent activement dissuader les patients de recourir aux soins conventionnels, en nourrissant une méfiance envers la médecine conventionnelle. C’était le cas d’un homéopathe en Italie traitant un enfant à l’homéopathie pour une otite en déconseillant l’usage d’antibiotiques (l’enfant est décédé). Cet antagonisme est particulièrement proéminent concernant la vaccination, de nombreux naturopathes y étant par exemple opposés. Sans surprise, il existe une corrélation entre usage de « médecine alternative » et hostilité à la vaccination. Cette posture fait des morts, y compris en France. En Afrique du Sud, les conséquences du rejet de la « science officielle » ont atteint des proportions catastrophiques. Le président Thabo Mbeki, niant le lien entre VIH et SIDA, s’est opposé pendant des années aux traitements antirétroviraux, leur préférant divers traitements inefficaces à base de plantes. Cette promotion violemment irresponsable des pseudo-médecines aura causé la mort de plus de 300 000 personnes.

On entretient une vision anti-scientifique

Pendant des millénaires, les humains ont attribué leurs maladies à la colère des dieux, à l’action d’esprits ou de sorcières, aux astres, au déséquilibre des « humeurs » ou autres « fluides vitaux »… Partant sur de si mauvaises bases, les quelques options thérapeutiques faisaient souvent pire que mieux. Ce n’est que lorsqu’elle a adopté la méthode scientifique que la médecine a progressé dans la compréhension du corps humain, l’origine de ses dysfonctionnements et donc leur traitement préventif ou curatif. Un certain nombre de connaissances médicales basiques sont venues remplacer les superstitions et sont aujourd’hui largement partagées par la population.

En médecine médiévale, on associait chaque signe du zodiaque à une partie du corps. Crédit photo : Wellcome Images (CC BY 4.0)

Les pseudo-médecines sont un frein au développement de cette culture scientifique. En effet, elles véhiculent et entretiennent des conceptions erronées du corps et de la santé, se nourrissant des lacunes des patients qui ne font pas la différence entre science et pseudoscience. À titre d’exemple, le principe de similitude en homéopathie (« guérir le mal par le mal ») est complètement absurde et se rapproche de ce que l’on trouve chez les pratiques ancestrales des chamans et autres sorciers. En outre, l’instrumentalisation de la notion d’effet placebo à travers l’exagération de la portée des interactions « corps-esprit » flattent les visions dualistes et la pensée magique.

Par ailleurs, la critique de la médecine scientifique par les partisans d’approches non conventionnelles témoigne d’une certaine ignorance et/ou ingratitude. En effet, vu les progrès spectaculaires accumulés ces derniers siècles, la médecine scientifique éclipse totalement tous ses compétiteurs, en particulier les approches basées sur les systèmes de croyances traditionnels à travers le monde, qui ont pourtant bénéficié de plusieurs millénaires d’avance.

Conclusion

En médecine, tout acte est évalué selon une balance bénéfice-risque. Dans la mesure où les bénéfices cliniques des pratiques non conventionnelles sont incertains, minces voire inexistants, on comprend que les risques, même faibles, rendront facilement la balance défavorable. Parce qu’elles reposent sur des allégations d’efficacité trompeuses, qu’elles présentent des risques, qu’elles gaspillent de précieuses ressources, qu’elles détournent les patients des soins efficaces et qu’elles sont une menace pour la culture scientifique, on pourra légitimement considérer que les approches n’ayant pas fait leurs preuves n’ont pas leur place dans notre système de santé.

Notons que tout le monde ne sera pas de cet avis, y compris parmi ceux qui reconnaissent l’absence de fondement scientifique des approches non conventionnelles. On remarquera toutefois que les critiques récurrentes à l’encontre de la médecine conventionnelle se trouvent en pratique être des critiques du système de santé et de l’exercice effectif de la médecine par les professionnels (prescription abusive, prise en charge expéditive, manque d’empathie et traitement « déshumanisant » des patients…) A contrario, la plupart des défauts soulevés ici sont intrinsèques aux « médecines » dites alternatives, et pèsent lourd étant donné l’absence de preuves d’efficacité.

33 Commentaires

  1. Antoine

    « • Le risque de cancer documenté à Taïwan à cause d’une plante médicinale n’est pas lié aux contaminations mais à la plante elle-même. »

  2. Anonyme

    Ce qui m’embête le plus c’est de traiter la medicine comme une science exacte. Elle est loin de ça. Pour faire passer un médicament, on doit tout simplement montrer 2 études à effets positifs. Même s’il y a 20 essais négatifs derrière, ils ne comptent pas si on peut montrer 2 études positifs.
    En plus, le ‘placébo’ n’est pas réglementé. Donc les entreprises biotech peuvent mettre ce qu’ils veulent dans le ‘placébo’ pour influencer l’étude. C’est une blague. Donc #fakemedicine? Oui, c’est ce que pratique tous le médecins allopathiques.

    https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/20956710

  3. Jean

    Je trouve cet article assez malhonnête. Vous avez pioché quelques anecdotes pour prouver ce dont vous vous êtes deja convaincu, c.-à-d. que les médecines alternatives sont toutes bonnes a jeter. Le jeun a un effet préventif contre le cancer, personne n’a jamais prétendu que le jeun allait guérir 100% des cancéreux. La médecine chinoise a base de plantes fonctionne. Dans la pratique si les plantes vendues sont contaminées au mercure forcément y a un risque de cancer à la clé. L’acupuncture est bénéfique, mais si on te transperce les poumons avec les aiguilles ou bien si les aiguilles ne sont pas stérilisées forcement y a des risques. En médecine alternative comme en conventionnelle y a des charlatans, c’est tout. Faut pas faire dans l’amalgame. Aucune des 2 médecines n a solution a tout. Je ne compte plus le nombre de traitements conventionnels j’ai suivi à base de crèmes, sirops, gélules, antibiotiques, avec très peu de résultats. Jamais un généraliste lors d’une consultation ne m a demandé comment je me nourrissais, alors que depuis Hippocrate, on sait que la bouffe est la meilleure des médecines. T’auras beau consommer toutes les pilules magiques vendues par big pharma, si tu ne te nourris qu’à bse de macdo, ton sort est plus ou moins scellé.

    La vérité est que ces 2 médecines sont complémentaires. Je n’irai pas faire une séance dacupuncture après m’être cassé le fémur en 2. La vérité c’est aussi que les médecines dites alternatives génèrent 30 milliards de revenus aux US d’après votre article, et c’est une manne que big pharma aimerait bien mettre la main dessus.

    • Théo

      • Non, il n’est pas prouvé que le jeûne a un effet préventif pour le cancer chez l’humain, cf rapport Nacre étudiant justement cette question (en lien dans l’article).
      • La médecine chinoise à base de plantes fonctionne ? Pour que cela soit vrai, il faudrait que toutes les plantes utilisées traditionnellement sont efficaces, on attend les preuves. En outre, s’il se trouve que certaines plantes « fonctionnent », on peut identifier quels sont les molécules actives et quel est l’effet bénéfique seulement grâce aux essais cliniques, et pas parce que la médecine traditionnelle chinoise nous le dit. En d’autres termes, il n’y a rien que la médecine chinoise ait à offrir qui ne soit pas exploitable
      • Le risque de cancer documenté à Taïwan à cause d’une plante médicinale n’est pas lié aux contaminations mais à la plante elle-même.

      • Antoine

        « • Le risque de cancer documenté à Taïwan à cause d’une plante médicinale n’est pas lié aux contaminations mais à la plante elle-même. »

        Et on peut faire exactement le même procès avec certains médicaments prescrits par des médecins … je pense que ce ne sont pas les affaires qui manquent.

        Ce n’est pas parce qu’une plante pose effectivement pb qu’il faut jeter le bébé avec l’eau du bain. Parce que c’est exactement le même procès que font ceux qui sont réfractaires à la médecine classique : il y a eu de graves affaires, des procès, des condamnations … donc ils rejettent TOUTE la médecine classique. Avec UNE histoire de plante, vous rejetez l’entièreté de la naturopathie & phytothérapie … C’est tout aussi malhonnête.

        Après comme le dit l’article, le pb EN FRANCE SURTOUT, c’est que ce n’est pas réglementé. Donc c’est la porte ouverte à tous les charlatans. En Suisse par ex, il y a 2 écoles de naturopathie qui sont agrémentées. Les autres ne sont pas remboursées par la sécu & les assurances … que ce soit la naturo, l’osthéo, la phyto … ce sont des méthodes qui marchent, qui ont montré leur efficacité mais il faut que ce soit encadré, réglementé, contrôlé … faire une intraveineuse de curcuma c’est un truc de dingue, un naturopathe ne devrait pas avoir le droit de faire une intraveineuse …. mais soigner une otite, même violente, avec un mélange d’huiles dont l’eucalyptus radié qui a été testé avec succès en double random (et avec de meilleurs résultats que les antibio classiques) … oui et 100x oui !

  4. Ce post explique qu’avec certaines médecines alternatives, on risque des effets secondaires : avec l’acupuncture, par exemple, on risque un pneumothorax. Et c’est vrai ! si les aiguilles sont insérées dans le torses au niveau des poumons, mais particulièrement mal insérées, car on ne puncture jamais en direction des poumons justement. Et on risque aussi une infection sur le lieux d’insertion de l’aiguille, c’est vrai aussi, dans de très rares cas et en cas de problème d’aseptie. Et aussi qu’une plante a même causé des dommages à Taiwan une fois (et ce post oublie qu’il y a aussi eu des problèmes en Belgique avec deux cas de cancers avec une plante chinoise diurétique)…. Et la belle affaire ! Pour combien de personnes qui vont mieux ? Les erreurs médicales des médecines « conventionnelles » constituent aujourd’hui la 3eme cause de mortalité en France (18 000 morts par an rien qu’avec les effets secondaires des médicaments) ! Les dégâts qu’elle fait sont sans commune mesure avec les médecines alternatives. Est-ce pour autant qu’on l’interdit ? Personne ne cherche même à réguler, à centraliser et à faire en sorte d’évoluer. C’est l’omerta la plus totale sur le sujet. Ensuite, les médecines alternatives ne sont pas évaluées selon ce post … Je vous rappelle que la kiné non plus, et pourtant, elle est dans le parcours médical conventionnel

    • Théo

      Il n’y a pas que les risques directs qui comptent (cf. article). Par ailleurs, pour répondre à votre question « pour combien de personnes qui vont mieux ? », c’est justement ce qui pose problème : on ne sait pas. Personne ne peut dire que c’est grâce à la thérapie non conventionnelle que vous allez mieux. Et pour certaines, comme l’homéopathie, on peut dire qu’il est à peu près sûr que ce n’est pas grâce à elle.

      Si la médecine conventionnelle est à l’occasion d’autant de décès chaque année (le chiffre paraît élevé mais plausible, avez-vous une source ?), c’est avant tout parce qu’elle est beaucoup plus utilisée que les « médecines alternatives ». Combien de victimes feraient-elles si les Français y avaient massivement recours ? Elle comporte des risques, certes, mais ceux-ci sont bien souvent liés à une imperfection inévitable de l’exercice de la médecine. En parallèle, tout cela est à comparer avec le nombre de gens qu’elle sauve (probablement des centaines de milliers, voire davantage si l’on intègre des règles de base d’hygiène et d’alimentation qu’elle a pu promouvoir).

      • Plouf

        … Vous êtes loooin de la réalité du terrain, à croire que vous ne côtoyez pas les patients.
        – pratiques iatrogènes : le jour où on aura de vrais chiffres on peut s’attendre à un scandale
        – Medecine non conventionnelle : les indications sont biens définies, elles ne retardent en rien la pose d’un diagnostic et elles prennent en général ce qui est boudé par la médecine conventionnelle : les petits troubles fonctionnels, les petites plaintes bien invalidantes des femmes enceintes, les douleurs psycho somatiques, les troubles du sommeil .. (ou le mal de dos, une vrai blague). En première intention jamais « le diagnostic a ne pas loupé » n’aurait été évoqué, aucun retard en aller voir une medecine non conventionnelle au cas où elle répondrait à la plainte.
        – les patients se foutent royalement de savoir ce que dit telle ou telle publi, ils savent de suite si ce qui leur est proposé leur convient ou pas, et si les médecines alternatives fonctionnent c’est qu’elles plaisent,
        – heureusement que vos pères étaient plus ouverts, votre rigidité intellectuelle fait de vous le dernier des scientifiques… mais un bon gourou de la secte EBM ! Et puis c’est pas comme si la recherche était bouchée, compliquée .. hein

        J’espère que vos patients vous apprécieront, n’oubliez pas dans tout ça d’être un thérapeute !

        Bonne journée et bonne continuation

  5. Catherine

    Cela fait quelques temps que je lis Science Pop que je trouvais intéressant, mais là je suis franchement déçue. Il s’agit ici d’un article totalement à charge qui ne pourra certainement pas convaincre les non-convaincus… Seuls les convaincus seront « contents » de lire l’article, à mon avis.
    Il manque cruellement une partie sur le POURQUOI les gens se tournent vers les médecines alternatives (qui se résume ici à une petite phrase drôlement placée dans la conclusion). Là on aurait pu avoir un débat peut-être.
    Par ailleurs, pour un article qui se veut scientifique, c’est assez moyen cette listes d’anecdotes négatives sur les médecines alternatives; vous auriez pu trouver très probablement bon nombre d’anecdotes négatives chez les professionnels de la médecine « scientifique »; et également, vous auriez pu trouver bon nombre d’anecdotes positives dans les médecines alternatives (ex. des charmeurs de feu utilisés pour protéger les patients subissant des radiothérapies – en complément de la médecine « scientifique » donc – certains hôpitaux ont recours à ces praticiens « alternatifs »).
    Bref, je trouve que c’est pas très creusé et c’est très idéologique.

    • Théo

      Bonjour, merci de suivre Science Pop et pour votre retour critique.

      Mes articles n’ont pas pour but de faire plaisir aux lecteurs, mais de faire passer un message. Il est probable qu’aucun de mes articles ne plaise véritablement à tout le monde. Du reste, j’ai déjà exprimé ces opinions concernant les médecines alternatives dans des articles antérieurs.

      Cet article n’avait pas pour but de se demander pourquoi les gens se tournent vers les médecines alternatives mais uniquement de remettre en cause l’idée reçue selon laquelle elles seraient sans risque (cf. commentaire de la ministre). Il y a toutes sortes de raisons pour expliquer cela, mais force est de constater qu’une des raisons est que ces patients pensent qu’elles sont efficaces, ce qui est par définition incertain ou faux.

      Par ailleurs, je ne fais pas une liste d’anecdotes. De nombreux éléments sont des résultats issus de publications scientifiques (cancer à Taïwan, contaminations des plantes médicinales chinoises, risque de pneumothorax après acupuncture, AVC après chiropracteur, perte de chance pour le cancer du sein, corrélation entre médecine alternative et opposition aux vaccins + nombreuses publications sur la page Whatstheharm citée). Concernant les quelques anecdotes que j’ai citées, elles sont bien documentées (FDA pour l’homéopathie, examens médicaux post-mortem pour le curcuma…). Cela suffit à montrer qu’il existe des risques, même si cela n’est pas suffisant pour les quantifier. Mais encore une fois, ces anecdotes ne sont pas toutes seules pour soutenir le propos.

  6. Asd

    Ouaou !…
    Tous ces commentaires sur un article bien documenté, avec références, montre que rien, rien mais rien du tout ne viendra ébranler une (des) «  croyance(s) »… dès que vous dites «  naturel » c’est la nature donc c’est forcément « bon » , dès que vous dites «  médecine alternative »: c’est forcément «  bon » parce que tu es contre la chimie-bigpharma- les lobbyistes industriopharmaceutico-capitalistico-trucs… et même s’il n’y a rien de « médecine » là dedans….
    bref, c’est une argumentation perdue d’avance car la majorité des personnes n’ont pas appris à « lire et critiquer » des etudes- comprendre les metaanalyses- les biais- les statistiques… bref dialogue de sourds…
    Quand on parle « preuves scientifiques-études-chiffres » on te dit  «  moi je sais que non, tout est faux, complot »…
    et toutes ces personnes finalement ne sont pas à blâmer «  elles n’ont pas « accès à… »…
    par contre «  nos tutelles », « l’état » , «  les médecins alternatifs » eux ont « accès à » … eux sont à blâmer , eux sont coupables de c qu’ils font et transmettent… mais il est tellement plus facile de mener un «  troupeau de moutons » qu’une « population éclairé »… la boucle est bouclée

  7. C’est drôle de comparer inefficacité d’une pratique à l’effet placebo alors que personne n’est capable de définir ou comprendre l’effet placebo! C’est amusant de tester des pratiques de soins avec des protocole élaborées spécifiquement pour l’abord médical! Un peu d’humilité permet de comprendre que personne ne connait rien à tout cela et que les patients qui utilisent les pratiques « non conventionnelle » ne sont pas forcément des abrutis! Il utilisent certainement aussi la médecine « conventionnelle ». Et le plus drôle c’est de voir la médecine juger des pratiques qu’elle ne connait pas du tout! Et si l’ostéopathie se permettait de donner un jugement sur la rhumatologie et de donner son aval ou pas! (je suis ostéopathe…). Bref, je n’ai pas l’impression de tromper mes patients ou d’être dangereux. Raison, raison, ou es-tu?

    • Anonyme

      Personne n’affirme que les patients utilisant les médecines alternatives sont des abrutis.

    • Ramon Perez

      Personne ne prétend que les patients usant de médecine alternatives sont des abrutis. « Personne n’est capable de définir ou comprendre l’effet placébo ! » Vraiment ? Vous devriez regarder le nombre impressionnant d’études sur le sujet, plutôt que d’affirmer que personne ne le sait. En tant que professionnel de santé, vous devez connaitre PubMed ? Sinon, allez y donc y faire un tour, vous vous rendrez compte que ce que vous ne connaissez pas, d’autre le connaissent.

  8. S Brincourt

    Arrêter ce combat Anti médecine alternative contre médecine traditionnelle. les médecines alternatives ont plutôt besoin d’etre encadrées; tout comme la médecine traditionnelle , qui tue et détraque elle aussi beaucoup de monde, certainement plus que les médecines alternatives !

    • Théo

      La médecine scientifique propose des solutions qui présentent leurs risques, qui sont connus et quantifiés pour être intégrés dans la balance bénéfice-risque. Un certain nombre de problèmes proviennent d’erreurs dans l’évaluation de cette balance ou d’imprudences de la part des êtres humains qui la dispense. Par ailleurs, si des gens vivent des effets indésirables jusqu’au décès, suite à des traitements conventionnels, un nombre largement plus important de personnes sont sauvées grâce à elle. D’autre part, ses erreurs sont plus visibles car elle traite beaucoup plus de personnes. J’aimerais bien voir ce que cela donnerait si les médecines alternatives remplaçaient la médecine scientifique dans notre système de santé.

      • Antoine

        ce qui est assez amusant c’est que vous pardonnez l’imprudence des « êtres humains » médecins mais pas celle des praticiens des médecines alternatives …

        Donc en gros, si un médecin fait une connerie, c’est pardonné parce que l’erreur est humaine. si un naturo fait une intraveineuse de curcuma, c’est absolument honteux !!

        Désolé de vous décevoir mais les médecins n’ont pas plus le droit à l’erreur et ce n’est pas plus pardonnable …

        … malhonnêteté intellectuelle quand tu nous tiens …

  9. Rébecca Avril

    Un article malhonnête. S’il n’y a pas de preuves de l’efficacité des médecines alternatives, c’est parce qu’il n’y a pas de financement de ces études, que personne ne met la main à la poche par peur de faire tomber la médecine conventionnelle. L’ acupuncture, les ventouses pour ne citer que ces techniques, sont largement introduites dans nos sociétés et il n’y a que les gens bornés et de mauvaise foi pour tourner le dos à ces «progrès». On voit bien que votre monopole est en danger et j’aurais bien voulu savoir ce que vous savez vraiment des médecines alternatives! Enfin, les dérapages dont vous parlez sont très minoritaires et il serait ridicule d’en faire un argument à part entière, alors qu’il y a plus d’erreurs dans votre médecine conventionnelle. Que ça vous plaise ou non, les deux médecines sont absolument complémentaires et absolument pas opposées. Je suis désolée si vous avez fait 10 ans de médecine et que vous soyez obligé de partager le marché avec des gens plus humbles

    • Théo

      Merci de votre commentaire. Toutefois, je ne vois pas en quoi cet article serait malhonnête.

      Tapez « homeopathy » ou « acupuncture » dans PubMed, et vous verrez que si, il y a bien des financements pour faire des études sur les « médecines alternatives ». Pas toutes évidemment, puisqu’il y en a tellement qu’on ne saurait toutes les considérer. Mais pour celles qui ont été testées, les résultats ne sont hélas pas en leur faveur (sinon on les intégrerait dans la médecine conventionnelle).

      Vous parlez de « faire tomber la médecine conventionnelle », pensez-vous que la médecine contemporaine doit être jetée à la poubelle ? Pensez-vous qu’elle soit vraiment concurrencée par d’autres en terme d’efficacité ?

      En disant que certaines pratiques sont « largement introduites dans nos sociétés », vous faites un simple appel à la popularité, ce qui n’est pas un argument valide. En 1600 en France, l’exécution des sorcières sur le bûcher était aussi très introduite dans la société.

      Vous dites « les dérapages dont vous parlez sont très minoritaires ». Selon vous, 350 000 morts en Afrique du Sud, parce qu’on promeut des remèdes illusoires à la place des antirétroviraux contre le VIH, c’est minoritaire ? Le recul de la vaccination dans les pays développés, attisé par le discours des « médecines alternatives », c’est minoritaire ?

      PS : je n’ai pas fait médecine.

    • Vous avez lu l’article ? Des milliards de $ ont été dépensés pour tester ces procédures et supplément pour aucun résultat meilleurs que le bruit statistique.

  10. Est-ce que vous parlez de cette science là ?

    http://bit.ly/2rn61eJ

    • Visiblement oui.

    • Théo

      Peut-être devriez-vous lire la source directement pour voir à quel point l’état qui en est fait dans cette « revue de presse alternative » est trompeuse. Rien de ce qui est dit dans cette déclaration n’est choquant pour quelqu’un qui suit l’actualité scientifique et les pratiques de publication (biais des chercheurs, p-hacking, conflits d’intérêts, suivi des tendances, résultats sensationnalistes…). Mais les défauts de l’exercice de la recherche ne sont en aucun cas une raison de tout jeter à la poubelle. Au contraire, en dehors des dynamiques de réforme que cela peut inspirer, pour le consommateur de l’info scientifique, cela veut dire être prudent, évaluer l’ensemble des publications sur un sujet plutôt que de se baser sur des études individuelles, comme je m’efforce toujours de faire.

      • En quoi le discrédit que vous jetez sur les médecines alternatives est-il différent de celui qui est jeté dans cet article sur la science médicale ?
        Vous semblez corroborer les dires de cet article mais quelle valeur ont donc les arguments que vous avancez s’ils sont défendus par une science inexacte et corrompue ?
        Comment se fait-il alors que votre « prudence » vous amène à publier un article aussi tranché ?Quelles sont vos motivations profondes ? Informer ? Râler ? Faire le buzz ?
        Pourquoi ?

        • Théo

          Je suis d’accord avec les dires du commentaire original fait par Horton, pas le contenu de l’article que vous avez partagé. On n’y lit pas du tout les mêmes choses.

          Le fait que les publications scientifiques soient imparfaites et parfois biaisées n’empêche pas de conclure que tout est à jeter à la poubelle. Ce serait tomber dans une fausse dichotomie.

          • Je suis d’accord pour dire qu’on ne peut pas tout jeter à la poubelle si certaines recherches ou études scientifiques sont biaisées. Mais alors à l’inverse, peut on accorder un crédit total à la vision des médecines alternatives que voudrait nous donner cette science là ? Si la science détermine ce qui est vrai et juste et qu’il lui arrive de ne pas être aussi rigoureuse et impartiale qu’on le voudrait, alors pourquoi jeter tout ce qu’elle oppose à la poubelle sans chercher à faire la part des choses ?
            Si les publications scientifiques biaisées n’empêchent pas de conclure qu’on ne peut pas tout jeter à la poubelle, elles n’empêchent pas non plus de penser que ce qu’elles nient peut être valable, si ?
            Quand la science sera nettoyée de ses dérives et de ses énormes et flagrants conflits d’intérêts, je pense qu’elle pourra regagner les lettres de noblesses qu’elle avait à l’origine, c’est à dire quand elle n’était que de l’expérimentation libre menée par des hommes curieux et désintéressés, ce qu’elle n’est aujourd’hui que rarement et ce que les solutions alternatives peuvent encore se permettre d’être aujourd’hui car elles échappent au discours dominant. Qu’en pensez-vous ?

          • a.bc

            Lien vers l’original : https://www.thelancet.com/pdfs/journals/lancet/PIIS0140-6736%2815%2960696-1.pdf

            Extrait choisi : (suivi de la traduction google trad)

             » much of the scientific literature, perhaps half, may simply be untrue. »
            une grande partie de la littérature scientifique, peut-être la moitié, peut simplement être fausse.

             » In their quest for telling a compelling story, scientists too often sculpt data to fit their preferred theory of the world. »
            Dans leur quête pour raconter une histoire fascinante, les scientifiques sculptent trop souvent des données pour correspondre à leur théorie du monde préférée

            « The good news is that science is beginning to take some of its worst failings very seriously.
            The bad news is that nobody is ready to take the first step to clean up the system. »
            La bonne nouvelle est que la science commence à prendre très au sérieux certaines de ses pires faiblesses.
            La mauvaise nouvelle est que personne n’est prêt à faire le premier pas pour nettoyer le système.

            voila, voila, bonne journée a tous.

  11. Kzhzp

    Trop de bêtises dans cet article.
    Le millepertuis et le safran pas utilisé au lieu d’AD plus commun comme ça pourrait être fait dans la plupart des cas, vous en pensez quoi ?
    La passiflore aussi efficace que les benzo et qui n’est pas utilisé.
    ect…

    Vous parlez des dangers intrinsèques et vous poursuivez sur votre soi-disant blabla scientifique..
    Scientifiquement, les médicaments actuellement prescrits pourraient déjà, souvent, malgré le peu d’études et de finances alloués à la recherche sur les plantes médicinales (qui contrairement à l’homéopathie, recèlent réellement des vertus) être remplacés par des solutions naturelles (sans ou presque sans effets secondaires) et un grand nombre d’effets secondaires (dont certains graves) déjà avérés au niveau scientifique pourraient ainsi être évités.

    Même s’il commence à arriver de plus des médicaments sans effets secondaires, je pense notamment au Min-101 et à toute cette gamme de médicaments : http://www.minervaneurosciences.com/innovation-pipeline/min-101/
    (Non, je n’en fais pas la promotion, pas particulièrement, je n’ai pas de liens commerciaux.
    Disons qu’implicitement, ce qui gêne dans le côté commercial de l’industrie pharmaceutique dont les gens se plaignent c’est quand elle nuit pour rien à la santé de la population, pas quand les gens se font de l’argent en échange de réelles services rendus…). Et l’homéopathie et malgré tout j’en suis sûr bien moins nocive en comparaisons…

    Même si ça commence à arriver, ce n’est pas encore le cas, et l’industrie devrait être nationalisé de toute façon. Au moins, comme ça l’argent reviendrait à l’état, ce qui serait toujours bien mieux que rentrez dans les comptes de l’industrie pharma.
    Du coup les plantes médicinales pourraient plus facilement être inclus, et le gain d’argent pour le pays seraient énormes, que des avantages..
    En plus avec le modèle actuelle, certains traitement commencent à ne plus pouvoir être remboursés y compris pour des pathologies graves où l’argent ne devrait pas importer.

    Bref, dégoûté de ne pas voir que ce qui va dans le sens de la santé de la population n’est pas fait.

  12. Maya Buti

    Pourquoi transmettre des croyances sous la bannière « scientifique » ? Si vous n’y croyez pas, continuez à aller chez votre généraliste conventionné. Il y en a bien qui croient que la Terre est plate, ils ne se prétendent pas scientifiques. Que vous apporte de raconter des bêtises ? « L’acupuncture peut occasionner la perforation d’organes sous la peau. » Les aiguilles sont enfoncées de manière trop superficielle pour perforer d’autres organes que la peau elle-même. Ce n’est qu’une des supercheries relevées dans votre papier.)

  13. Salut, il y a beaucoup de réactions à ton article sur facebook, tu devrais y jeter un oeil. 🙂

    Lablouse pour le café.

    • Théo

      Merci pour l’info, où ça plus particulièrement ?
      Edit : OK j’ai vu, sur la page du Café.

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